Libye : urgence politique et humanitaire

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Libye : urgence politique et humanitaire
@ MAXPPP
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L’ambassadeur de France à Benghazi parle de manque d’eau dans des villes encerclées.

La situation se dégrade en Libye sur le plan humanitaire et s’enlise militairement. C’est ce qu’a rapporté l’ambassadeur de France à Benghazi, vendredi matin sur Europe 1. Antoine Sivan a estimé que les efforts de la communauté internationale en Libye doivent continuer pour permettre d’endiguer ces deux situations chaotiques.

Sur le plan humanitaire, Antoine Sivan a dénoncé une "situation particulièrement dramatique à Misrata" et appelé à l’ouverture d’un "corridor humanitaire" pour la troisième ville du pays. L’ambassadeur a également évoqué un "manque d’eau", des "coupures d’électricité" et l’absence de "mesures d’hygiènes, des problèmes avec les égouts". "Si les choses durent trop longtemps, on va au devant de pénurie alimentaire, de difficultés en approvisionnement de pétrole ou d’équipements en matière de santé", a-t-il estimé.

"Le moral des gens ici est en train de s’étioler" :

Cette situation n’a qu’une explication : Misrata est d’après Antoine Sivan "complètement encerclée par les chars et l’artillerie de Kadhafi", alors qu’à "l’intérieur de la ville les forces de Kadhafi ont fait pénétrer des snipers qui terrorisent la population".

Déloger l’étau

Pour améliorer la situation humanitaire, il faudrait "déloger cet espèce d’étau". Dans les pas de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, il a appelé à "l’intensification des bombardements de l’Otan sur les positions de Kadhafi".

Ils sont pour Antoine Sivan une vraie nécessité pour éviter des massacres : "la population de Benghazi est extrêmement reconnaissante vis-à-vis de l’action de la France", a-t-il estimé, précisant qu’"on [lui] avait dit que si les avions français n’étaient pas arrivés, il y aurait déjà eu 10.000 morts, parce que Kadhafi aurait passé la ville au peigne fin".

Dialogue politique plus large

Malgré le chaos dans lequel les forces kadhafistes plongent les villes assiégées, l’ambassadeur estime que, depuis la conférence de Doha, le Conseil national de transition serait "plus ouvert" à un dialogue avec le pouvoir. Selon lui, il ne fait plus nécessairement du départ du Guide libyen une "condition sine qua non" des négociations. Un "dialogue politique plus large" pourrait être ouvert, auquel Antoine Sivan a estimé qu’il n’est pas impossible que des kadhafistes participent. Le départ à terme du Guide semble toujours inéluctable, ainsi que Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron l’ont clairement affirmé dans une tribune jeudi.

L’avenir de la Libye ne s’écrira pas non plus avec les islamistes, Antoine Sivan en est convaincu : "le programme du Conseil national de transition respecterait toutes les religions. La Libye n'est pas un pays militant en termes d’islam". De même l’ambassadeur refuse de croire à une partition du pays. Mais il a réaffirmé à plusieurs reprises la nécessité d’arriver à un "État de droit et démocratique". C’est pour le moins tout le défi que doivent relever la communauté internationale et le Conseil national de transition.