Libye : une fissure dans la coalition

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Libye : une fissure dans la coalition
L'amiral Samuel J. Locklear donne des instructions aux militaires prêts à embarquer sur le porte-avions français Charles de Gaulle.@ REUTERS
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La coalition ne s'est pas encore accordée sur le commandement des opérations en Libye.

Trois jours après le début de l’offensive de la coalition en Libye, certains des pays engagés dans l’opération militaire commencent à la remettre en question.

A la demande de la Libye, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir jeudi pour faire le point sur la situation, suite aux dissensions qui se sont fait entendre ces deniers jours, notamment concernant le commandement de l’opération. Actuellement, les opérations de la coalition sont nationales et coordonnées par les QG américains de Ramstein (ouest de l'Allemagne) et Naples (sud de l'Italie). Les pays engagés sont la France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Belgique, le Danemark, la Grèce, et l'Espagne.

Le rôle de l’Otan au centre des discussions

La Turquie, qui s’était montrée hostile à toute intervention d’une coalition en Libye, jugeant qu’il s’agissait d’une immixtion, est à l’origine de la demande de clarification du rôle de l’Otan. Barack Obama et Silvio Berlusconi ont ainsi insisté sur leur désir de voir confier le commandement à l’institution. Oslo a fait savoir de son côté que ses F-16 envoyés lundi en Méditerranée n’entameraient leur opération qu’une fois que la question du commandement aura été clarifiée.

Lundi, les ambassadeurs de la majorité des pays de l’Union européenne ont confirmé leur souhait que l'Otan prenne la tête de la coalition au plus tôt.

Une mise à l’épreuve politique

Le Premier ministre britannique David Cameron s’est employé lundi à faire la distinction entre l’intervention en Libye, et celle en Irak, qui avait rendu Tony Blair très impopulaire. Après six heures de débat, la Chambre des Communes a massivement approuvé, par 557 voix contre 13, la décision du Premier ministre conservateur d'envoyer des navires et des avions de combat frapper des cibles en Libye pour y protéger les populations civiles.

Pour Barack Obama, l’enjeu politique est de taille. Les Républicains et autres détracteurs du locataire de la Maison-Blanche ont en effet saisi l’occasion de critiquer la démarche du président. La présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ileana Ros-Lehtinen, a ainsi déploré que Barack Obama n'ait pas clairement expliqué au peuple américain en quoi la sécurité nationale du pays était menacée par la Libye. "S'en remettre aux Nations unies et engager nos effectifs militaires pour faire appliquer le 'mandat de la communauté internationale' crée un dangereux précédent", a-t-elle ainsi estimé.