Libye, un mois après le début des frappes

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Libye, un mois après le début des frappes
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Alors que les rebelles s'enlisent sur le terrain, l’envoi de troupes au sol divise toujours les alliés.

Un mois, jour pour jour après le début des frappes de la coalition, le conflit semble de plus en plus s’enliser en Libye. Près de 10.000 personnes auraient trouvé la mort en deux mois d'affrontements, selon le chef des rebelles, Moustapha Abdeljalil.

Le pays coupé en deux

Sur le terrain, le pays est divisé par la ligne de front. D’un côté, les rebelles situés à l’Est, de l’autre, les forces de Kadhafi qui contrôlent tout l’Ouest de la Libye. Quant à la ligne de front, elle est revenue au point de départ : l’entrée de la ville d’Ajdabiya, verrou de cette révolution libyenne.

Tout ce qui se trouve à l’est d’Ajdabiya est sous le contrôle des rebelles : le terminal pétrolier de Tobrouk, la toute jeune télévision Libye libre qui diffuse sur tout l’est libyen.

A l’Ouest, tout est en revanche aux mains de Kadhafi. Il reste quelques poches de résistance dans le Sud-Ouest, entre Tripoli et la Tunisie, où une centaine de personnes sont mortes sous les bombes et les roquettes du leader libyen.

Près de 10.000 libyens ont fui cette région pour passer en Tunisie. Le programme alimentaire mondial a annoncé mardi l’ouverture d’un couloir humanitaire dans cette zone pour venir en aide aux réfugiés.

La situation est plus préoccupante à Misrata. Les 400.000 habitants de la troisième ville du pays sont actuellement pris au piège, encerclés par les blindés des forces du colonel Kadhafi et dont les bombardements sont incessants. Les combats ont fait plus de 1.000 morts et au moins 3.000 blessés.

A Misrata, les rebelles tentent de résister :

Vers une intervention au sol ?

Sur le plan diplomatique, la situation est tout aussi confuse. L’offensive des alliés, lancée le 19 mars sous mandat de l’Onu avait pour but de protéger les populations civiles du régime de Mouammar Kadhafi. Face à l'embourbement qui menace, la question se pose de la fourniture d'armes aux rebelles, de l'envoi de conseillers voire de soldats au sol.

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, s'est dit mardi "tout à fait hostile" aux troupes sur le terrain. "Il appartient au Conseil national de transition et ses troupes de faire ce travail", a ajouté le ministre des Affaires étrangères. "Ils peuvent jouer ce rôle sans qu'il soit nécessaire de déployer des forces au sol", a-t-il insisté.

Cette déclaration vient contredire la demande formulée par le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski, qui s’est lui prononcé pour l’envoi de forces spéciales.

"Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait des forces spéciales qui soient envoyées par l’Otan mais pas des troupes combattantes au sol", a déclaré Axel Poniatowski mardi sur Europe 1. "Au départ, les frappes aériennes étaient particulièrement efficaces. Les cibles qu’elles frappaient étaient visibles et isolées tandis que maintenant les forces de Kadhafi se fondent dans les villes, dans les banlieues. Ce qui est important, c’est qu’on puisse avoir des gens au sol qui désignent les cibles pour les forces aériennes. C’est assez nécessaire pour qu’on puisse épargner des vies humaines".

"Pour qu’on puisse épargner des vies humaines" :

Une question d'autant plus cruciale que tout le monde s'accorde désormais à dire qu'il faut pousser vers la sortie "le guide de la révolution" qui dirige la Libye d'une main de fer depuis plus de 42 ans.