Liban : un Premier ministre pro-Hezbollah

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Liban : un Premier ministre pro-Hezbollah
@ REUTERS
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Nagib Mikati doit former le nouveau gouvernement. La tâche s’annonce ardue.

Najib Mikati a été désigné mardi Premier ministre du Liban grâce au soutien du Hezbollah. Une annonce qui intervient alors que le pays du Cèdre est sous tension depuis 15 jours. Chute du gouvernement dirigé par Saad Hariri, manifestations dans le pays, annonce d’un nouveau Premier ministre et bientôt d’un nouveau gouvernement, les questions et incertitudes se multiplient. Europe1.fr dresse un panorama de la situation.

Comment en est-on arrivé là ?

"Tout s’est cristallisé autour du Tribunal spécial pour le Liban", résume Khattar Abou Diab, politologue et professeur à l'Université Paris XI. Le TSL, mis en place par l’ONU est chargé de faire la lumière sur l’assassinat, le 14 février 2005, du père de Rafic Hariri. Depuis plusieurs mois, le Hezbollah s’attend à être mis en cause officiellement dans l’acte d’accusation du tribunal. Après avoir voulu faire désavouer le tribunal par le Premier ministre en place, Saad Hariri, le Parti de Dieu a provoqué la chute du gouvernement en place avec la démission des ministres de son camp. Avec le changement de camp des alliés de Najib Mikati, un sunnite, et de ceux du leader druze Walid Joumblatt, c'est le camp du Hezbollah qui détient désormais de facto la majorité parlementaire.

Qui est Najib Mikati ?

Il se définit lui-même comme "un homme de consensus". Agé de 55 ans, ce sunnite, proche du président syrien Bachar al Assad, affiche la volonté de travailler avec toutes les composantes de la vie politique libanaise. En avril 2005, ce spécialiste des télécoms devenu milliardaire avait dirigé le gouvernement à titre provisoire, jusqu'à la victoire électorale de la coalition entre sunnites, chrétiens et druzes formée autour de Saad Hariri.

Et maintenant ?

Najib Mikati arrivera t-il à un gouvernement d’union nationale ? Le pari est loin d’être gagné. Le nouveau Premier ministre va devoir s'attaquer au problème épineux du tribunal spécial pour le Liban, contesté par le parti de Dieu. Le Hezbollah souhaite en effet que le prochain gouvernement cesse toute coopération avec le TSL, par la suspension de tout financement et le retrait des magistrats libanais. L’ancien Premier ministre Saad Hariri a, de son côté, exclu de participer à un gouvernement avec le Hezbollah aux commandes.

Comment réagit la population ?

Depuis la démission du mouvement d’union nationale de Saad Hariri, les manifestations se multiplient dans le pays, notamment à Tripoli et Saïda où la communauté sunnite est très présente. Le projet iranien ne passera pas par Tripoli", pouvait-on lire sur les pancartes, en référence au soutien de l’Iran au Hezbollah. Dans la capitale, à Beyrouth, les manifestants ont incendié des bennes et des pneus.

Quelle est la position de la France ?

Le Quai d’Orsay a exprimé mardi sa "préoccupation pour la stabilité" du Liban, en appelant le nouveau Premier ministre à se protéger de "toute ingérence" extérieure pour la formation de son gouvernement. La France a également réclamé le respect des engagements internationaux pris en faveur du tribunal spécial pour le Liban, chargé de juger les responsables de l'assassinat de l'ex-Premier ministre et père de Saad Hariri, Rafic Hariri, le 14 février 2005.