Les Suisses disent "oui" à la surveillance électronique par les services secrets

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Les Suisses disent "oui" à la surveillance électronique par les services secrets
@ Thierry Zoccolan / AFP
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A une large majorité, le peuple suisse s'est dit d'accord pour être surveillé par les services de renseignement du pays.

Les Suisses ont massivement dit "oui" dimanche à une loi sur le renseignement autorisant les services secrets à surveiller les communications téléphoniques et les activités sur Internet, selon les premières estimations du résultat du référendum.

66% des Suisses sont pour. Ils ont dit "oui" à 66% au référendum, selon l'estimation publiée sur la télévision suisse par l'institut de sondage gfs.bern après la clôture des bureaux de vote à 12h. Cette estimation est assortie d'une marge d'erreur de + ou - 3%. Ce référendum survient alors que la menace terroriste est très forte en Europe. Les sondages durant la campagne avaient toujours prédit le "oui", mais son score a largement dépassé les estimations qui l'avaient estimé entre 53 à 58%.

Des craintes après le scandale de la NSA. La loi avait été votée par le Parlement en 2015, mais un référendum avait été lancé par une alliance formée du Parti socialiste, des Verts et d'organisations comme le Parti Pirate qui craignent des dérives comme celles dénoncées par Edward Snowden aux Etats-Unis. Par ses révélations, Edward Snowden, ex-agent de l'Agence de sécurité nationale (NSA), dévoila en 2013 l'ampleur du réseau de surveillance électronique américain mis en place après les attentats du 11 septembre 2001.

Les mains libres. Jusqu'à présent, en Suisse, les services secrets de la Confédération n'avaient le droit de collecter des informations que sur le domaine public ou si elles étaient disponibles auprès d'autres autorités. Pour le gouvernement, qui soutient la nouvelle loi, il n'était plus possible de répondre dans ces conditions aux nouvelles menaces. Les services secrets pourront désormais, sous certaines conditions, surveiller de façon préventive les envois postaux et les communications téléphoniques de particuliers ainsi que les activités qu'ils déploient sur Internet, s'infiltrer dans des réseaux informatiques et procéder à des fouilles de locaux, de véhicules ou de bagages notamment. Ils pourront aussi notamment perturber l'accès aux informations sur les réseaux informatiques à condition que ces systèmes soient utilisés dans des attaques visant des infrastructures critiques.

"Non" à l'économie verte. Dimanche, les Suisses ont en revanche nettement refusé les deux autres textes sur lesquels ils étaient consultés au niveau fédéral. Selon les premières projections, ils sont 60% à avoir dit "non" à une hausse des retraites et 63% à une initiative populaire sur "l'économie verte" qui demandait une réduction de la consommation des ressources naturelles. La grande majorité des Suisses avait voté par correspondance et par internet, ce qui permet un dépouillement très rapide des bulletins de vote.