Les répliques assassines d'Obama

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Les répliques assassines d'Obama
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Plus tranchant que lors du premier débat, le sortant a multiplié les attaques contre Mitt Romney.

De l’avis de presque tous, le premier débat entre les deux candidats américains avait été un rendez-vous manqué pour Barack Obama. Alors lors de sa deuxième confrontation télévisée avec Mitt Romney, dans la nuit de mardi à mercredi, le président sortant a adopté une attitude résolument offensive. Sur nombre de points, il a durement attaqué le programme et les propositions de son adversaire républicain. Petit florilège.

Les impôts. Attaqué sur la dette, Barack Obama riposte : "Mitt Romney veut poursuivre les réductions d'impôts de l'ère Bush pour les Américains les plus riches, ce qui représente 8.000 milliards de dollars. Maintenant, il dit qu'il veut être sûr que cela ne creuse pas le déficit et qu'il veut couper les impôts de la classe moyenne, mais quand on lui demande comment il compte faire, il ne peut pas le dire. Lui-même doit payer seulement 14% d'impôts quand beaucoup d'entre vous devez en payer bien plus".

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Plus tard, le président démocrate use d’une formule qui fait mouche : "Le gouverneur Romney dit qu'il a un programme en cinq points, il n'a pas de programme en cinq points, son programme tient en un point: s'assurer que les plus aisés puissent jouer avec des règles différentes".

L’énergie. Là encore, Barack Obama a accusé son adversaire de vouloir servir les plus puissants. "Le gouverneur Romney dit qu'il a un plan global mais en fait son plan est de laisser les compagnies pétrolières écrire la politique énergétique. Donc il prend en compte le pétrole et le gaz (dans son plan) mais il ne prend pas en compte les énergies propres", a-t-il argué.

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La Chine. Mitt Romney a estimé que le président sortant n’était pas asse offensif avec la Chine, notamment en ce qui concerne la monnaie. "Gardez en tête que le gouverneur Romney a investi dans des entreprises qui ont été pionnières dans la sous-traitance vers la Chine. Et il a investi dans des entreprises qui construisent du matériel de surveillance pour la Chine afin qu'elle puisse espionner ses propres ressortissants. Donc gouverneur, vous êtes la dernière personne qui peut se montrer ferme envers la Chine", l’a souffleté Barack Obama.

La Chine est revenue sur le devant de la scène en toute fin de débat. "Avez-vous regardé votre fonds de pension? (...) Vous avez aussi des investissements dans des entreprises chinoises", a attaqué Mitt Romney. "Je ne regarde pas mon fonds de pension. Il n'est pas aussi gros que le vôtre", a répliqué Barack Obama.

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L’attaque de Benghazi. Le candidat républicain a fait de l’attaque terroriste de Benghazi, au cours de laquelle l’ambassadeur américain et trois autres Américains ont trouvé la mort, un argument de campagne. "Suggérer qu'une personne de mon équipe, qu'il s'agisse de la secrétaire d'Etat, de notre ambassadrice à l'ONU, ou de qui que ce soit, ferait de la politique politicienne (...) au moment où nous avons perdu quatre des nôtres, c'est insultant", s’est emporté Barack Obama en guise de réponse. "Ce n'est pas ce que nous faisons. Ce n'est pas ce que je fais en tant que président, ce n'est pas ce que je fais en tant que commandant en chef".

Les 47% de Mitt Romney. Au milieu du mois de septembre, une vidéo embarrassante pour Mitt Romney a surgi sur la Toile. Le candidat républicain estimait que 47% des électeurs étaient d’ores et déjà perdus pour lui. "Ils voteront pour le Président quoi qu’il arrive. 47% des votants sont derrière lui, ils dépendent du gouvernement, ils se prennent pour des victimes, ils pensent que le gouvernement a l’obligation de s’occuper d’eux, ils pensent avoir droit à une couverture maladie, à être nourris, logés, et à tout le reste. Ils pensent que c’est un droit", disait-il, filmé à son insu.

Lors du premier débat, Barack Obama n’avait pas utilisé cette vidéo à son avantage. Il ne s’en est pas privé, cette fois. "M. Romney a dit à huis clos que 47% (des habitants) du pays se considèrent comme des victimes qui refusent de prendre leurs responsabilités. Réfléchissez à ceux dont il parlait", a proposé le président sortant.