Les ravisseurs de Jaycee plaident "non coupables"

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Les ravisseurs de Jaycee plaident "non coupables"
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Phillip et Nancy Garrido ont été présentés vendredi à la justice, accusés d'avoir enlevé, séquestré et violé pendant 18 ans Jaycee Dugard.

Arrêtés mercredi par le FBI, Phillip et Nancy Garrido doivent répondre de 29 chefs d'accusation, parmi lesquels enlèvement, viol et séquestration. Leur victime, Jaycee Dugard, aujourd'hui âgé de de 29 ans, a vécu 18 ans dans un taudis de tentes et cabanons, dissimulés derrière une clôture et un rideau de végétation, dans un quartier ouvrier d'une ancienne ville minière. Deux filles sont nées des viols qu'elle a subis, la première alors qu'elle n'avait que 14 ans.

Présentés vendredi à la justice du comté d'El Dorado, les époux, menottés et vêtus de combinaisons rouges, ont plaidé "non coupables" et ont regagné la prison du comté. Une nouvelle audience a été fixée au 14 septembre. Dans un entretien à une chaîne de télévision locale, juste après son arrestation, Phillip Garrido a décrit l'enlèvement de Jaycee Dugard en 1991 comme "une chose dégoûtante" et affirmé avoir "changé de vie" depuis cet épisode. Il a décrit sa relation avec elle comme "attendrissante".

Phillip Garrido est sous contrôle judiciaire à vie. Il avait déjà fait de la prison après avoir été condamné pour un viol et un enlèvement commis en 1971. L'un de ses frères le décrit comme un "fou", ses voisins comme un fanatique religieux qui voulait créer sa propre Eglise. Il alimentait notamment un blog dans lequel il affirmait avoir le pouvoir mental de contrôler les sons.

Jaycee Dugard a, elle, retrouvé sa mère, le temps d'un dîner écourté car la jeune femme était nerveuse et ses "deux filles n'étaient pas habituées à avoir des gens autour d'elles", a rapporté son beau-père, Carl Probyn. Elle se sent coupable des liens qu'elle a tissés avec Garrido, dit-il. Il a précisé, après avoir eu une conversation avec son ex-femme, que Jaycee "se souvenait de tout" ce qu'elle avait vécu pendant son enfance.

La police de son côté fait son mea-culpa, avouant que la jeune femme aurait pu être sauvée dès 2006. Des voisins des Garrido l'avaient en effet prévenue que des personnes semblaient vivre dans des tentes dans le jardin. Mais le policier envoyé sur les lieux n'était pas entré dans la maison et n'avait pas inspecté le jardin, a déclaré le shérif du comté de Contra Costa, qualifiant cette faute d'"impardonnable". La police a ajouté qu'elle cherchait dans la maison de Garrido d'éventuelles preuves d'un lien entre le suspect et les meurtres non élucidés de dix prostituées dans les années 90.

Contrairement aux premières informations recueillies, le dénouement de l'enlèvement est intervenu après que la police eut contrôlé Garrido, mardi, sur le campus de l'Université de Californie, à Berkeley, près de San Francisco et non lors d'une enquête de voisinage, Jugeant son comportement suspect, il a été convoqué mercredi par l'agent chargé de son contrôle judiciaire. Il s'était alors présenté accompagné des deux enfants, de sa femme et de sa victime, présentée sous le nom d'Allissa. Après recoupements, les autorités ont découvert qu'"Allissa" était en réalité Jaycee Dugard.