Les Pussy Riot veulent toujours "chasser" Poutine

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Les Pussy Riot veulent toujours "chasser" Poutine
Répondant pendant deux heures aux questions des journalistes russes et étrangers, elles ont une nouvelle fois eu des mots très durs à l'égard du président russe.@ Reuters
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PHOTO - Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux femmes libérées, aimerait voir Khodorkovski président.

L'INFO. Elles n'ont pas l'intention de faire silence. Les deux jeunes femmes du groupe contestataire russe Pussy Riot, libérées cette semaine après avoir été amnistiées, ont montré vendredi leur détermination à "chasser" Vladimir Poutine du pouvoir.

Arrivées à Moscou dans la matinée, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina ont présenté leur projet de défense des droits des prisonniers lors de leur première conférence de presse depuis leur libération, dans les locaux de la chaîne câblée proche de l'opposition Dojd. Répondant pendant deux heures aux questions des journalistes russes et étrangers, elles ont une nouvelle fois eu des mots très durs à l'égard du président russe.

Poutine "a vraiment peur". "Poutine est un tchékiste (un terme de l'époque soviétique pour évoquer des membres des services de sécurité, la Tcheka étant l'ancêtre du KGB, ndlr) fermé, opaque, avec une multitude de craintes, il a vraiment peur de beaucoup de choses", a jugé Nadejda Tolokonniva vendredi. "Je pense qu'il pense vraiment que l'Occident est une menace pour notre pays", a-t-elle ajouté. Pour Vladimir Poutine, "il y a en permanence des conspirations, des soupçons", a renchéri Mme Alekhina, 25 ans. Mais "si une personne essaie de tout contrôler (...) alors tôt ou tard, et plutôt tôt, le contrôle lui échappera des mains. Tout d'abord parce que c'est impossible de tout contrôler", a-t-elle averti.

Interrogées sur la personne qu'elles aimeraient voir à la présidence, Nadejda Tolokonnikova a répondu : "J'aimerais beaucoup inviter Mikhaïl Borissovitch (Khodorkovski, ndlr) à ce poste". L'ex-oligarque critique du Kremlin a lui aussi été récemment libéré après avoir été gracié la semaine dernière à la surprise générale par Vladimir Poutine, au terme de plus de dix ans de prison.