Les premiers désaccords de Copenhague

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Les premiers désaccords de Copenhague
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Au fil des négociations, objectifs contraignants et financements font débat.

Mardi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré "optimiste" sur l’issue du sommet de Copenhague, ajoutant : "Je m'attends à un accord solide qui sera effectif immédiatement et comportera des recommandations précises sur les mesures d'atténuation des effets du réchauffement et d'adaptation à celui-ci".

"Il n'y aura pas d'accord contraignant", a affirmé de son côté le représentant de la Russie, Arkadi Dvorkovitch, tempérant l’optimisme du secrétaire général de l’ONU. Le conseiller économique du Kremlin a également déclaré qu’il s’attendait surtout à une "feuille de route" qui servirait de base pour de futures négociations. "Il y aura une déclaration politique, une série de déclarations nationales et une feuille de route pour de futures négociations", mais pas forcément d’accord définitif, a-t-il précisé.

L’autre sujet de discorde concerne le financement du plan de lutte contre le réchauffement climatique. Les pays en développement demandent plus d'efforts de la part du monde industrialisé sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Dessima Williams, présidente de l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), demande de fixer la barre à 45% de réduction des émissions sur la période 1990-2020.

Pour l’instant, l’Union Européenne n’a garanti que 20% de baisse et envisage de passer à 30 %. Les Etats-Unis ne proposent qu’une réduction de leurs émissions de 3% par rapport au niveau de 1990, mais Washington devrait faire une nouvelle proposition chiffré dans les jours à venir.

Enfin, la fuite d'un texte de suggestions du Danemark, président de la conférence climat, a suscité un coup de chaud des pays en développement. Le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia Ping a dénoncé au nom du G-77 (coalition de 130 pays en développement)"une grave violation qui menace le succès du processus de négociation". La présidence danoise a démenti par la voix de la ministre du Climat Connie Hedegaard l'existence d'un "texte danois secret" pour un nouvel accord. Les papiers qui circulent "sont des brouillons de travail et constituent la base de consultations informelles", a-t-elle assuré.

La bonne nouvelle du jour vient de l’Indonésie, troisième principal émetteur de gaz à effet de serre, derrière la Chine et les Etats-Unis : les représentants viennent d’annoncer l'instaurer une taxe carbone pour les industries polluantes en 2014.

Le "Climategate" a également animé la journée : Suite au piratage de leurs courriels, plusieurs climatologues sont accusés d’avoir gonflé les chiffres du réchauffement climatique pour inciter les Etats à agir rapidement. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a pourtant réaffirmé que l'année 2009 devrait, selon des calculs provisoires, se classer au 5e rang des années les plus chaudes.

> Retrouvez notre dossier spécial Copenhague.