Les Philippins rendent hommage à Cory Aquino

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Les Philippins rendent hommage à Cory Aquino
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L'ancienne présidente des Philippines est décédée samedi. Un deuil de 10 jours a été décrété.

Des milliers de Philippins ont rendu dimanche un dernier hommage à l'ancienne présidente philippine Corazon Aquino (couramment appelée Cory), décédée samedi, en venant s'incliner devant sa dépouille dans une école catholique de Manille. Rompant avec le protocole en cas de décès d'un président, ses funérailles feront l'objet d'une simple cérémonie privée prévue mercredi.

L'ancienne présidente, qui avait succédé à Ferdinand Marcos de 1986 à 1992, est décédée samedi à 76 ans au terme d'un long combat contre un cancer du colon.

"Notre mère s'est éteinte paisiblement d'un arrêt cardiaque", avait dit son fils, le sénateur Benigno Aquino Junior devant l'hôpital Makati de Manille où sa mère était hospitalisée depuis plus d'un mois. Cory Aquino avait appris en mars de l'an dernier qu'elle souffrait d'un cancer et elle a subi une chimiothérapie et une opération.

De nombreux hommages et messages de condoléances ont afflué du monde entier. Le président américain Barack Obama s'est dit samedi "profondément attristé" après la mort de Cory Aquino qu'il a qualifiée de figure historique pour avoir restauré la démocratie dans son pays. Cory Aquino "a joué un rôle crucial dans l'histoire des Philippines, ramenant la démocratie dans son pays à travers son mouvement non violent People Power", a déclaré Obama. Le pape Benoît XVI, qui s'est dit "profondément attristé", a adressé samedi à l'archevêque de Manille et au gouvernement philippin un message de condoléances.

Née le 25 janvier 1933 à Manille, Corazon Aquino a été élevée dans une école religieuse et a obtenu, à New York aux Etats-Unis un diplôme de mathématiques et de français. Elle fut présidente de 1986 à 1992, succédant au dictateur Ferdinand Marcos renversé par un soulèvement populaire. Ce n'est qu'après l'assassinat de son mari, l'opposant Benigno Aquino, en 1983 à l'aéroport de Manille alors qu'il rentrait d'exil aux Etats-Unis, qu'elle s'était lancée dans l'arène politique.

Fervente catholique, Corazon Aquino s'est tournée fréquemment vers la foi pour l'aider à traverser les passes difficiles de sa carrière politique. Sous sa présidence, elle supervisa la rédaction d'une nouvelle Constitution qui limitait à un mandat de six ans l'exercice du pouvoir par le chef de l'Etat. Après son retrait de la présidence en 1992, celle que le magazine Time avait sacrée "femme de l'année" en 1986 se plaça à la tête d'un mouvement de protestation, en 1997, pour empêcher son successeur d'amender la Constitution afin d'autoriser plus d'un mandat présidentiel.