Les mystères enfouis du Titanic

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Les mystères enfouis du Titanic
Le Titanic a été découvert en 1985, après des années de vaines recherches.@ Paramount Pictures
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ZOOM - Découvert soixante-dix ans après son naufrage, le Titanic n'a pas livré tous ses secrets.

Le Titanic n'a pas encore livré tous les secrets de son naufrage, survenu le 15 avril 1912 au large des côtes américaines. Plusieurs raisons justifient les zones d'ombres persistantes entourant le "naufrage du siècle", même cent ans après.

Peu de temps après le naufrage meurtrier, deux études sont menées au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Elles permettent d'en établir plusieurs causes : le bateau allait trop vite dans une zone dangereuse, le capitaine n'a pas accordé suffisamment d'importance aux icebergs et il manquait clairement des canots de sauvetage pour pouvoir évacuer tout le monde. Seuls 700 passagers ont pu être sauvés dans ce drame qui a fait plus de 1.500 victimes.

Des effets "de plus en plus visibles"

Impossible à localiser pendant des années, le Titanic est finalement découvert en 1985 après des semaines d'intenses recherches. Il gît à 4.000m de profondeur, coupé en deux avec une partie "à l'est de la partie arrière" qui a littéralement explosée, devenue "un champ de débris", selon le témoignage de Paul-Henri Nargeolet, l'un des premiers scientifiques a avoir approché le Titanic. Il se souvient "de la vaisselle, des pièces de la machine, des chaudières, beaucoup de charbon. On a trouvé de tout, des objets très beaux, des vases, mais aussi des pièces du bateau, complètement retournées, pliées, montrant les efforts très importants sur la coque lorsqu'elle s'est cassée", raconte-t-il.

Depuis cette découverte il y a 27 ans, l'épave du bateau n'a cessé de se dégrader. D'après Paul-Henri Nargeolet, les effets du temps sur le Titanic sont "de plus en plus visibles. La rouille progresse dans la partie avant, qui était en meilleur état, et les dommages arrivent désormais "au niveau du grand escalier (...) les ponts s'effondrent les uns sur les autres de plus en plus". Le temps est donc compté, pour l'épave centenaire, avant de devenir définitivement inexploitable pour une nouvelle enquête.

Une zone difficile d'accès

Depuis sa première descente, Paul-Henri Nargeolet a eu le privilège de retourner dans la zone où repose le Titanic. Et si cet ancien de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) se souvient de chaque fois avec émotion, il n'en oublie pas les difficultés inhérentes à chaque opération. "C'est le noir complet. On utilise des projecteurs, mais c'est un peu comme les codes d'une voiture, ça ne porte pas loin. L'eau est extrêmement froide, entre 0 et 1 degré, et il y a du courant, plus ou moins fort", résume-t-il.

Quant à la visibilité, elle est très changeante. "Certains jours, on dirait qu'il neige sur l'épave", en raison de "particules qui descendent en général du Gulf Stream", explique-t-il. Toutes ces conditions réunies mettent en péril les futures recherches pour percer les derniers mystères du Titanic.