Les Londoniens s'organisent face aux émeutes

  • A
  • A
Les Londoniens s'organisent face aux émeutes
@ REUTERS
Partagez sur :

REPORTAGE - Nettoyage des rues, surveillance de quartier : les Anglais veulent limiter la casse.

Quatrième journée d’émeutes au Royaume-Uni, où les violences ont atteint la ville de Manchester dans la nuit de mardi à mercredi. Le Premier ministre David Cameron a annoncé mardi des renforts de police face à ces troubles qui s'étendent et ont fait un mort.

Mais si la situation s’est stabilisée dans la capitale, ce n’est pas seulement grâce à la mobilisation des forces de l’ordre : les Londoniens ont décidé d’occuper le terrain pour éviter à leurs quartiers de nouvelles dégradations.

"On va montrer qu’on est présent"

Dans le quartier défavorisé d’Enfield, les habitants se sont mobilisés mardi pour descendre dans la rue et empêcher les émeutiers de réinvestir la zone. Des groupes de riverains ont patrouillé jusque tard dans la nuit pour dissuader toute nouvelle violence.

"On va montrer qu’on est présent, on veut dire qu’il y a des gens qui prennent les choses en main et qui veulent vivre en paix", témoigne Chris, un habitant d’Enfield.

"On veut retrouver notre tranquillité", poursuit-il :

Les riverains nettoient les rues

Autre signe de cette implication, les Londoniens se sont organisés pour nettoyer les quartiers les plus touchés. Ainsi, à Peckham, dans le sud-est de la capitale, une vingtaine de résidents se sont retrouvés mardi dans la rue principale armés de brosses et de pelles, pour aider les petits commerçants vandalisés à déblayer leur magasin.

Les Londoniens appliquent ainsi d’une manière originale la "théorie de la vitre cassée" : partant du principe qu’une zone dégradée prend des airs de zone de non-droit et constitue une incitation à de nouvelles dégradations, il faut rapidement réparer les dégâts.

"Je suis atterrée par ce que j'ai vu lundi soir. Je suis vraiment en colère et j'ai trouvé que c'était un moyen constructif de canaliser cette rage", a expliqué une jeune femme d'une vingtaine d'années qui a répondu à l'appel lancé sur Twitter et Facebook dans le cadre de la campagne "Nettoyons Londres".