Les linguine "alle vongole" sont sauvées : Bruxelles assouplit la pêche de la palourde

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Les linguine "alle vongole" sont sauvées : Bruxelles assouplit la pêche de la palourde
Pour la principale organisation italienne de pêcheurs, la disposition européenne risquait de faire disparaître les pêcheurs de palourdes dans la péninsule. Image d'illustration.@ JOHN MACDOUGALL / AFP
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Un durcissement de cette législation avait suscité des critiques en Italie qui y voyaient une menace sur une de ses institutions culinaires : les linguine "alle vongole".

Les fameuses linguine "alle vongole" sont sauvées : la Commission européenne a annoncé jeudi qu'elle allait abaisser temporairement la taille minimale de pêche pour les palourdes italiennes face à la polémique déclenchée dans la péninsule.

Trois millimètres de différence. À partir du 1er janvier 2017, les pêcheurs locaux pourront récolter pendant une période de trois ans les palourdes dont la taille atteint 2,2 cm, contre les 2,5 cm stipulés dans le règlement communautaire. "Cela pourrait n'apparaître que comme une question de millimètres, mais c'est une décision importante pour de nombreux pêcheurs, de l'Adriatique en particulier, qui ont dû payer des amendes pour avoir pêché des palourdes trop petites", a souligné un porte-parole de la Commission, Enrico Brevio, lors d'un point presse à Bruxelles.

Une législation jugée "absurde"… Le changement dans la législation avait provoqué un tollé en Italie, et la presse s'était empressée d'y voir une menace sur les spaghettis "alle vongole" (palourde, en italien), véritable institution culinaire. La Coldiretti, principale organisation d'agriculteurs et de pêcheurs du pays, avait dénoncé le choix "absurde" d'augmenter la taille minimum des palourdes à 2,5 cm et d'interdire la pêche-récolte à moins de 0,3 mille nautique des rivages, la zone où se concentrent 70% des palourdes italiennes, assurant que cela risquait de sceller le sort des pêcheurs de mollusques de la péninsule.

… rectifiée grâce à une étude scientifique. La nouvelle mesure est le "fruit de la collaboration entre le gouvernement italien et les institutions européennes", grâce à "une analyse scientifique sérieuse qui a démontré à l'Europe que les principes de soutenabilité doivent valoir pour tous, mais que les règles peuvent être différentes selon les mers dont on s'occupe", a expliqué dans la presse Renata Briano, eurodéputée et vice-présidente de la commission pêche au Parlement européen. Pour la Commission, il s'agit d'une "nouvelle approche de la (politique de) régionalisation, qui donne le pouvoir aux acteurs locaux de proposer des mesures techniques en fonction du contexte et de leur expertise", a souligné Enrico Brevio à Bruxelles. De son côté, le gouvernement italien s'est engagé à adopter des mesures d'accompagnement "pour maintenir les stocks à un niveau sain et améliorer la surveillance scientifique, la collection de données et les contrôles", a rapporté le porte-parole bruxellois.