Les JO ressuscitent l’affaire Ben Barka

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Solène Cordier avec AFP , modifié à
Le juge en charge de l’enquête veut interroger un suspect, désormais membre du Comité olympique marocain.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Mehdi Ben Barka, cette figure du tiers-mondisme marocain kidnappée le 29 octobre 1965 à Paris, devant la brasserie Lipp, et dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Le juge d’instruction français en charge de l’enquête, Patrick Ramaël, a alerté mardi les autorités britanniques de la possible présence à Londres d'Housni Benslimane, président du comité national olympique marocain (CNOM) qu'il souhaite interroger, a-t-on appris jeudi.

Le mandat d’arrêt plus exécutoire

Capitaine dans l’armée marocaine au moment de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka, Housni Benslimane est devenu ensuite chef de la gendarmerie royale marocaine. Il est visé depuis 2007 par un mandat d’arrêt international délivré par Patrick Ramaël.

Ce document de l'Ina retrace l'"affaire Ben Barka" :

Le mandat d'arrêt du juge Ramaël vise également trois autres anciens militaires marocains, tous soupçonnés d’avoir participé à l’enlèvement du célèbre opposant au roi Hassan II.

Toutefois, en raison de du parquet et d'Interpol, ce mandat d'arrêt n'est plus exécutoire depuis 2009.

Benslimane de retour au Maroc

Selon une source proche de l'enquête, les autorités britanniques ont officiellement accrédité Housni Benslimane pour les jeux Olympiques à Londres. Mais il se trouvait à Casablanca jeudi, a constaté le bureau de l'AFP au Maroc.

Fin mai 2009, alors que Housni Benslimane séjournait en Espagne, le juge Ramaël avait déjà demandé aux autorités espagnoles de l'interpeller mais s'était heurté à une fin de non recevoir de Madrid.

L’enquête sur l’affaire Ben Barka, ouverte depuis plus de quarante ans, n’a toujours pas permis de faire la lumière sur cette disparition, qui a fortement influencé les relations franco-marocaines pendant des années.