Les Français évacués de la "zone rouge"

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Les Français évacués de la "zone rouge"
@ REUTERS
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La France a commencé l'évacuation de ses ressortissants présents dans le Sahel.

Au lendemain de l’enlèvement de cinq Français et de deux Africains par un groupe armé au Niger, les autorités françaises ont commencé l’évacuation des ressortissants présents dans la "zone rouge" du Sahel. Quelques dizaines de Français se trouvent dans cette région à cheval entre le Niger, le Mali et la Mauritanie. Et environ 1.700 Français vivent au Niger, 5.500 au Mali et 2.200 en Mauritanie.

"S'agissant de ces trois pays, et particulièrement le Niger, il y a une zone rouge et nous demandons à tous ceux qui sont dans cette zone d'en sortir", a insisté Bernard Valero, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Les groupes français Areva et Vinci ont décidé également d'évacuer tous leurs expatriés du nord du Niger.

Les salariés étrangers travaillant dans cette zone stratégique pour la production d'uranium sont en cours de transfert vers Niamey. Ceux qui le désirent pourront être rapatriés en France, où sont déjà arrivés vendredi matin certains employés d'Areva. Les premiers concernés par l'évacuation sont les expatriés du site d'extraction d'uranium d'Arlit, à 1.000 km au nord-est de Niamey. Tous devraient avoir regagné la capitale nigérienne d'ici la fin du week-end, selon Areva et Vinci.

Des complices au sein d'Areva ?

Ces évacuations interviennent au moment où des soupçons commencent à peser sur la sécurité du site d'Arlit. Selon une source proche de l'enquête nigérienne, le groupe armé qui a enlevé les sept otages dans la nuit de mercredi à jeudi a en effet bénéficié de "complicités internes" au dispositif sécuritaire du site minier. Areva a refusé de commenter ces "rumeurs". Le frère d'un des Français enlevés a affirmé que l'otage, Daniel Larribe, "avait des craintes qui se sont hélas confirmées" au sujet de sa sécurité. "Il me disait souvent que sa mission devenait de plus en plus difficile à assumer au Niger", a-t-il expliqué.

Pourtant, un professeur du lycée français de Niamey affirme ne pas se sentir en insécurité :





Quant à l'identité du groupe armé, elle n'est aujourd'hui pas connue. Niamey et Paris soupçonnentAl-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très active dans cette région sahélienne où elle a déjà pris des Occidentaux en otages, d'être derrière ces enlèvements, même s'il n'y a pas encore eu de revendication. Le 25 juillet, Aqmi avait annoncé l'exécution d'un Français de 78, Michel Germaneau, kidnappé le 19 avril dans le nord du Niger.