Les femmes, oubliées mondiales du Sida

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Les femmes, oubliées mondiales du Sida
@ Ange Obafemi/PANAPRESS/MAXPPP
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PREJUGE - L’épidémie de Sida touche principalement les hommes. Si cette affirmation est vraie en France, elle ne l’est pas à l’échelle mondiale.

La Journée mondiale de la lutte contre le Sida se tient dimanche. Mise en place par l’ONU en 1988, elle a pour but de sensibiliser et de lutter contre cette maladie qui touche près de 35 millions de personnes dans le monde. "Notre stratégie pour l’avenir doit être de donner aux femmes les moyens d’agir dans ce combat", avait lancé Kofi Annan le 1er décembre 2004. Le secrétaire général de l’ONU avait raison : en 2011, sur les 2,2 millions de personnes infectées, 1,3 million étaient des femmes.

Les femmes, premières victimes. Les femmes sont beaucoup plus touchées par le Sida que les hommes. Selon les chiffres de l’Onusida, elles représentent 63% des jeunes de 15 à 24 ans vivant avec le virus. Et leur nombre augmente 1,7 fois plus rapidement que les hommes. L’infection par le VIH est ainsi la principale cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer, avertit l’ONU.

Une transmission parfois forcée. Dans de nombreux pays, les femmes ne sont pas en mesure d’imposer le préservatif, meilleur moyen de se protéger du Sida, et elles sont souvent victimes de rapports sexuels forcés. Or, hommes et femmes ne sont pas égaux devant la transmission de la maladie. "Les femmes ont plus de risques d’être contaminées lors d’un rapport hétérosexuel non protégé que les hommes car la zone exposée au virus est plus étendue", explique Jean-François Lemoine, le docteur d’Europe 1.

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En France, le Sida touche principalement les 31-45 ans. Les proportions sont différentes en France : un tiers des séropositifs sont des femmes. Et la majorité des femmes infectées est en âge de procréer et se trouve dans la tranche d’âge 31-45 ans, selon une étude VIH au féminin. L’étude pointe qu’elles vivent généralement avec des revenus très bas, qu’elles sont urbaines et pour les deux tiers, mères de famille. Mais il ne faut pas penser qu’une femme séropositive transmettra la maladie à ses enfants. Grâce à un traitement adapté et un suivi soigneux, les femmes séropositives peuvent donner la vie sans que cela affecte leur santé ou celle de leur bébé.

La violence, un mal aussi français. Les femmes françaises souhaitent généralement utiliser le préservatif. Mais elles n’ont plus n’ont pas toujours les moyens de l’imposer à leur partenaire. Il faut informer toujours plus sur le rôle fondamental du préservatif pour lutter efficacement contre l’épidémie, assure Jean-François Lemoine. Autre solution mise en avant : mettre à la disposition des femmes des moyens de protection dont elles ont le contrôle, comme des gels vaginaux.

Un accès au soin performant. La France peut se vanter d’avoir un "bon accès au soin", assure Jean-François Lemoine. Mais le problème est que seulement une malade sur deux prend correctement ses médicaments. La raison ? La peur du rejet, particulièrement par l’entourage direct. Or, les traitements contre le Sida au quotidien sont difficiles à cacher. Le meilleur moyen d’aider ces femmes à accepter et à faire accepter leur maladie reste l’information. D’où l’importance des journées mondiales d’informations. Et le préservatif est sans aucun doute le meilleur moyen de se protéger du Sida, que l’on soit une femme, ou un homme.

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