Les envoyés spéciaux d'Europe 1 racontent la Syrie et l'Irak

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Xavier Yvon et Gwendoline Debono expliquent dans quelles conditions ils travaillent et à quoi ressemble la vie dans ces deux pays en guerre.

L'une est en Irak, l'autre en Syrie. Deux grands reporters d'Europe 1 témoignent en parallèle de la vie dans les deux pays qui sont en première ligne face à l'organisation Etat islamique. Ils donnent tous deux un aperçu des conditions dans lesquelles ils travaillent et du quotidien des habitants. Xavier Yvon s'est rendu à Homs et Damas, en Syrie. Gwendoline Debono à Bagdad et sa région.

  • Comment la guerre a-t-elle marqué les villes et ses habitants ?

"Ce que l'on voit en entrant dans Homs, c'est une ville à la circulation très dense, avec ses voitures et ses klaxons. Il y a évidemment des checkpoints à l'entrée, mais la ville vit. Sauf dans certains quartiers. Car Homs a été extrêmement touchée par de gros combats. Lorsque l'on rentre dans cette vieille ville, au centre de l'agglomération, on l'impression d'être à Stalingrad avec des immeubles totalement effondrés, des impacts de balles partout, d'énormes tas de détritus devant les maisons presque toutes vides.

Le centre ville de Damas vit. Samedi soir, j'ai pu voir une fête, une soirée tango, etc. Cela peut sembler surréaliste mais on est dans un pays en guerre mais la capitale continue à vivre", raconte Xavier Yvon.

"A Bagdad, on a moins l'impression d'une ville en guerre que d'une guerre qui se rappelle parfois à la ville avec des explosions que l'on entend une à deux fois par jour. Cela dépend des heures et des endroits. Si l'attentat à la voiture piégée a eu lieu dans les alentours, on peut voir des colonnes de fumée qui s'élèvent dans la ville. On sent une tension aux centaines de checkpoints qui maillent la ville.

Les militaires irakiens sont absolument partout. A côté de cette tension, les Bagdadis vivent, jouent au football près du fleuve. Les veilles de week-ends, des dizaines d'habitants sur leur 31 vont s'assourdir dans les grandes salles de fête des hôtels de la ville", décrit Gwendoline Debono.

  • Est-il possible de travailler librement en tant que journaliste ?

"Pour travailler dans les zones contrôlées par le régime en Syrie, il faut passer par les autorités, être inscrit au ministère de l'Information. Nous sommes bien sûr accompagnés par des fonctionnaires du ministère de l'Information, surtout quand on sort de Damas. D'un point de vue sécuritaire, les zones tenues par le régime sont bien tenues. Il n'y a pas tellement de sentiment d'insécurité."

"A Bagdad, nous ne sommes pas du tout encadrés par les autorités dans la ville. En revanche, pour se déplacer hors de la capitale, cela n'est possible qu'accompagnés par un convoi mené par les miliciens chiites, des unités paramilitaires qui se battent partout dans le pays. Sans eux, il est quasi-impossible de passer les checkpoints qui maillent la province irakienne."

Le reportage vidéo de Xavier Yvon au dernier poste tenu par l'armée syrienne face à l'Etat islamique :


Syrie : comment Damas s'attaque à l'Etat islamiquepar Europe1fr