Les dessous de la visite Hollande-Merkel à Kiev

  • A
  • A
Les dessous de la visite Hollande-Merkel à Kiev
@ MYKOLA LAZARENKO / PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
Partagez sur :

Après Kiev, le couple franco-allemand présente vendredi à Moscou son plan de paix, présenté comme celui de la dernière chance.

La rencontre entre François Hollande, Angela Merkel et Petro Pororchenko, le président ukrainien, aura duré près de cinq heures. A l'issue de cette méditation franco-allemande, annoncée à la surprise générale par le président français jeudi, Kiev a indiqué que leur initiative "laisse espérer un cessez-le-feu".

Des débuts tendus. Il s'agit du seul commentaire officiel ayant filtré de cette rencontre, alors que tout avait été préparé pour des prises de parole. Selon une source diplomatique, les débuts ont été tendus et le protocole pas toujours respecté : certains conseillers n'ont pas pu entrer dans la salle de réunion.

L'initiative "de la dernière chance". Mais selon l'entourage de François Hollande, le couple franco-allemand a rencontré un Petro Porochenko "constructif", conscient que le conflit, qui a provoqué la mort de plus de 5.300 personnes en dix mois, ne tourne pas à son avantage. Cette visite surprise apparaît donc comme le plan de la dernière chance pour l'Ukraine, affaiblie économiquement et militairement.

>> LIRE AUSSI - Ukraine : pourquoi le conflit repart de plus belle

Washington laisse le champ aux Européens. Car les espoirs de Kiev de se faire livrer des armes par les Etats-Unis ont été douchés jeudi : en visite à Kiev, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé que Washington privilégiait "une solution diplomatique". Barack Obama "passe en revue toutes les options dont celle de la livraison d'armes défensives" et prendra sa décision "prochainement", a ajouté John Kerry, afin de laisser une chance au plan de paix des Européens.

>> LIRE AUSSI - François Hollande exalte le binôme franco-allemand

Après Kiev, Hollande et Merkel attendus à Moscou. En geste de bonne volonté, Hollande et Merkel auraient demandé à Kiev de retirer ses armes lourdes dans l'est du pays. La réponse de Petro Porochenko n'a pour l'heure pas filtré. Cette demande sera probablement réitérée par le deux dirigeants européens vendredi, face à Vladimir Poutine.

Selon plusieurs sources, le plan de paix franco-allemand serait une "contre-proposition" à celui soumis par Vladimir Poutine il y a quelques jours. Ces derniers en auraient alors fait part aux Etats-Unis et à l'Ukraine, avant de préparer dans la foulée leurs contre-propositions.

Le temps de diplomatie désormais compté. Cette "nouvelle proposition de règlement sur le conflit" garantit "l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a assuré le chef de l'Etat français, tout en prévenant les Russes que le temps était désormais compté et que "l'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment".

Malgré ces signes et déclarations encourageantes, les deux camps opteront-ils pour la détente ? Rien n'est moins sûr : l'annonce du déploiement de 5.000 hommes de l'Otan et de six "centres de commandement" sur le flanc Est n'a surement pas contenté Vladimir Poutine. La balle est désormais dans son camp.