Les cinq défis à résoudre avant d'habiter Mars

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Les cinq défis à résoudre avant d'habiter Mars
Les experts à la Nasa comme dans le secteur privé s'accordent désormais à penser qu'une mission habitée vers Mars est du domaine du possible dans les 20 prochaines années même si les défis sont immenses.@ REUTERS
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Les experts l'assurent : on pourrait vivre sur mars d'ici vingt ans. La Nasa en fait même "une priorité".

Le rendez-vous. Pourra-t-on bientôt habiter sur Mars ? Selon presque tous les experts, de la Nasa comme du secteur privé, la réponse est oui, et même d'ici une vingtaine d'années. Ce sera là tout l'objet d'une conférence de trois jours qui débute lundi à Washington. Sera réuni la crème des spécialistes de la question, comme Buzz Aldrin, deuxième homme à avoir marché sur la Lune, ainsi que plusieurs hauts responsables de la Nasa, y compris son directeur Charles Bolden. Sur quoi vont-ils plancher ? On vous résume les cinq questions que l'humanité doit résoudre avant d'envisager cette colonisation interplanétaire.

Comment financer le projet ? Le plus grand obstacle à un tel projet est la crise budgétaire des Etats-Unis, reconnait Scott Hubbard, professeur à l'Université Stanford en Californie et ancien responsable du programme d'exploration de Mars à la Nasa. "Si on lançait ce projet aujourd'hui, il serait possible de poser des hommes sur Mars dans 20 ans", estime-t-il dans un entretien avec l'AFP. "Aller sur Mars ne nécessite pas des miracles mais de l'argent et un programme pour répondre aux défis technologiques et d'ingénierie", souligne l'expert sans donner d'estimation de coût que certains chiffrent à plusieurs centaines de milliards de dollars.
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© REUTERS

Les peuples en ont-il (vraiment) envie ? Le public américain paraît d'ailleurs très favorable à l'envoi d'astronautes sur Mars, selon un récent sondage du groupe à but non lucratif Explore Mars et du géant aérospatial Boeing. Cette enquête, réalisée auprès de 1.101 personnes, montre que 75% seraient favorable à doubler l'enveloppe annuelle de la Nasa, actuellement de 17 milliards de dollars, pour financer une telle mission. L'agence spatiale ne reçoit que 0,5% du budget fédéral comparé à 4% lors du projet Apollo de conquête de la Lune dans les années 1960. Le patron de la Nasa, Charles Bolden, a récemment répété qu'une "mission habitée vers Mars est une priorité de la Nasa".

Quelle technologie doit-on employer? Poser sur Mars une masse de 30 à 40 tonnes nécessaires pour une telle mission sera l'un des plus grands défis techniques, juge Scott Hubbard, soulignant la grande difficulté bien connue d'entrer dans l'atmosphère martienne. Il rappelle la descente angoissante de sept minutes du robot Curiosity sur Mars en août dernier, qui ne pèse pourtant qu'une tonne et est l'engin le plus lourd à s'être posé sur une autre planète. Il faudra de ce fait des missions robotiques préalables pour démontrer que le système fonctionne. Quant au transport, la Nasa continue à développer un lanceur lourd (SLS) et la capsule Orion en vue de mission d'exploration spatiale habitée lointaine. Scott Hubbard estime toutefois qu'un moteur nucléaire, encore à développer, serait préférable, en assurant une poussée constante qui réduirait de moitié la durée du périple de six à neuf mois. La distance Terre-Mars varie de 56 à 400 millions de kilomètres selon la position des deux planètes.

>> Pour revoir l'aterrisage de Curiosity, c'est ici :

Le corps humain peut-il supporter ? Les obstacles technologiques, les effets néfastes sur l'organisme humain de longs séjours spatiaux ne sont pas encore bien compris, dont surtout les radiations cosmiques. "Les radiations dans l'espace avec le risque accru de cancer est un danger certain pour l'équipage que nous devons mieux comprendre", explique Stephen Davison, responsable à la Nasa du programme de biologie de l'espace au Centre spatial Johnson à Houston où se situe le centre d'entraînement des astronautes. Outre ces radiations les effets de la microgravité sur la pression intra-crânienne sont apparemment responsables de problèmes de vision plus ou moins sévères observés chez des astronautes dans la Station spatiale internationale (ISS). La perte de masse osseuse et musculaire en apesanteur est en revanche bien contenue avec de l'exercice.

Et le mental ? Enfin l'autre grand problème est d'ordre psychologique, pour des astronautes isolés passant de longues périodes confinées dans des espaces réduits, poursuit Stephen Davison. Selon lui "il faut étudier les effets biologiques et psychologiques des voyages spatiaux pendant encore au moins dix ans" dans l'ISS avant d'entreprendre une mission vers Mars.