Les Brésiliens n’ont vraiment pas la tête au foot

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Les Brésiliens n’ont vraiment pas la tête au foot
Un Brésilien observe un match de football (illustration)@ Reuters
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REPORTAGE E1 - A un mois de la Coupe du monde, les stades ne sont pas prêts. Et l’agitation sociale est grande. 

L’INFO. Lors de la prochaine Coupe du monde, les habitants de Rio de Janeiro n’ont surtout pas envie de revivre la période du Carnaval... En février dernier, les éboueurs, qui réclamaient des hausses de salaire, s’étaient déjà mis en grève. A l’époque, les rues s’étaient transformées en une véritable poubelle. A un mois du Mondial et alors que quatre stades sur douze ne sont toujours pas terminés, d’autres professions menacent de cesser le travail.

Les policiers menacent de faire grève. C’est le cas de la police fédérale qui réclame un meilleur salaire. "Les salaires sont dévalués", a souligné le président du syndicat de la Police fédérale (PF) de Rio, André Vaz de Mello, affirmant que des 13.000 agents fédéraux du pays "250 quittent la PF tous les ans et passent des concours pour entrer dans d'autres organismes publics mieux payés".

Et cette menace de grève est prise très au sérieux, jusqu’au sommet de l’Etat. La sécurité est en effet LA priorité de ce Mondial qui doit accueillir près de 600.000 touristes étrangers et qui va mobiliser 170.000 agents de sécurité durant la compétition. En avril, la police militaire s’était déjà mise en grève dans l’Etat de Salvador, dans le nord du pays. Il y avait eu une quarantaine de morts en moins de deux jours.

Les chauffeurs de bus menacent eux aussi de débrailler. La semaine dernière, ils ont manifesté à Rio et plus de 300 bus ont été caillassés ou incendiés.

Ras-le-bol général. “Le peuple brésilien sature avec cette Coupe du monde. Les prix augmentent mais les salaires eux n’augmentent pas. Ces grèves vont recommencer. Les chauffeurs de bus, les policiers, tout le monde est révolté”, déplore Wellington, un agent de sécurité, interrogé par Europe 1. Le gouvernement investit seulement dans le Mondial. Ils détruisent, ils construisent des stades, comme le Maracana. Et l’éducation alors ? La santé ? La sécurité ? Tout ça passe au second plan”, constate cet habitant de Rio de Janeiro.

Enfin, le mal-être social s’étend aux professeurs qui envisagent également des actions. Beaucoup de Brésiliens ont le sentiment que le gouvernement n’a pas tenu sa promesse : celle de l’amélioration de leur quotidien en échange des investissements colossaux pour le Mondial, près de 11 milliards d’euros. Pour l’instant, la seule chose qu’ils constatent c’est une augmentation des prix et un report de plusieurs projets de transports et de services publics. 

Preuve que les Brésiliens n’ont pas la tête au foot en ce moment : dans un récent sondage, plus de la moitié des personnes interrogées (55%) affirment déjà que la Coupe du monde apportera plus de problèmes que de bénéfices à leurs pays.

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