Les armes en Syrie : qui dit quoi ?

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Les armes en Syrie : qui dit quoi ?
Les rebelles ont accueilli avec circonspection la décision de l'UE. Louay Safi, un porte-parole de la Coalition nationale de l'opposition syrienne réunie à Istanbul, l'a qualifiée de "pas positif" tout en disant craindre qu'elle ne soit "insuffisante et qu'(elle) n'intervienne trop tard".@ Reuters
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REACTIONS - Les Etats-Unis, Moscou et Damas ont réagi différemment à la levée de l'embargo.

L'INFO. Le conflit a déjà fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011. Comme réponse à cet enlisement, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi soir à Bruxelles de lever l'embargo sur les armes destinées aux rebelles syriens. Les 27 ont cependant convenu de ne pas livrer d'armes aux rebelles d'ici au 1er août. Ce délai devrait aussi leur permettre de dresser un premier bilan de la conférence internationale "Genève 2" prévue en juin à l'initiative des Etats-Unis et de la Russie.

>>> Quelles sont les réactions à l'étranger ? Tour d'horizon.

Les Etats-Unis soutiennent l'UE

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© Reuters

Les Etats-Unis, qui refusent de livrer des armes aux rebelles syriens, ont approuvé la décision de l'Union européenne. "Même si la décision en revient en dernier ressort à l'UE, nous soutenons l'assouplissement de l'embargo de l'UE sur les armes, comme une partie des efforts de la communauté internationale pour faire la démonstration de son appui total à l'opposition syrienne", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat, Patrick Ventrell.

"Cela donne aux Etats-membres de l'UE la flexibilité pour aider l'opposition comme ils l'entendent", a ajouté le diplomate américain, répétant que son pays privilégiait pour le moment une "assistance non létale" à la rébellion contre les forces du régime du président Bachar al-Assad.

>>> A lire : DÉCRYPTAGE :Faut-il armer les rebelles ?

La Russie critique l'UE

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© Reuters

Pour la Russie, cette décision jette de l'huile sur le feu. Il s'agit "d'une décision assez controversée car la livraison d'armes à des entités qui ne sont pas des Etats est interdite par le droit international", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en visite à Paris, où il a rencontré son homologue américain John Kerry. "C'est une décision illégitime par principe", a-t-il renchéri. La levée de l'embargo par l'Union européenne "porte un préjudice direct à la possibilité d'organiser une conférence internationale" sur le règlement du conflit en Syrie, avait peu avant déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Ce dernier a également justifié les livraisons prévues de systèmes sol-air sophistiqués S-300 à Damas en estimant que ces missiles visaient à dissuader toute velléité d'intervention extérieure dans le conflit. "Des mesures de cette sorte dissuadent en grande partie certains esprits échauffés d'envisager des scénarios dans lesquels le conflit prendrait un tour international avec la participation de forces étrangères", a-t-il affirmé.

Damas s'indigne

"Assad est prêt à éradiquer son peuple", selon Nawaf Farès.

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De son côté, le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé mardi la levée de l'embargo. "La décision de l'Union européenne constitue un obstacle aux efforts internationaux pour obtenir une solution politique à la crise en Syrie", a assuré le ministère dans un communiqué publié par l'agence officielle Sana. Le communiqué accuse également l'UE de "soutenir et d'encourager les terroristes en leur procurant des armes en violation de la loi internationale et de la charte de l'ONU. Toutefois, le régime de Damas a d'ores et déjà donné son "accord de principe" pour participer à la conférence du mois de juin.

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