"Les armées peuvent empêcher que Daech s’étende", selon l'un des commandants stratégiques de l'Otan

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Le général Denis Mercier a expliqué le rôle des opérations militaires des pays de la coalition dans la lutte contre le terrorisme.

INTERVIEW

"Toutes les opérations militaires, quelles qu’elles soient, ont des objectifs qui sont des objectifs politiques. Et les solutions sont des solutions politiques", a affirmé le général Denis Mercier, mercredi, dans la Matinale d’Europe 1. Pour le commandant suprême allié de la Transformation de l’Otan, qui est l’un des deux commandants stratégiques de l’organisation, "les militaires ne peuvent amener que leur soutien à ces décisions politiques". Plusieurs pays membres de l'Otan font partie de la coalition contre Daech qui est en première ligne dans les opérations contre l’organisation terroriste.

"Un vrai succès". Le général a évoqué le processus lancé fin 2015 à Vienne sur l’avenir de la Syrie : "Les armées peuvent empêcher que Daech s’étende. Ce que peuvent faire les opérations aujourd’hui, c’est contenir et affaiblir les forces de Daech, le temps qu’une solution politique, avec tous les acteurs qui sont très nombreux, puisse être trouvée".

C’est, selon lui, l’un des objectifs des frappes aériennes menées en Syrie et en Irak par les membres de la coalition. Cette stratégie est "un vrai succès", selon l’ancien pilote de chasse, qui n’a pas directement commenté les affirmations du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Ce dernier avait affirmé jeudi que "Daech recule en Irak". "Il est important de voir d’où nos ennemis tirent leurs forces et d’attaquer ces endroits. Une partie de ces centres stratégiques étaient plutôt en Syrie, donc il y a une cohérence", a souligné Denis Mercier.

Un rôle de formation. Le général a également insisté sur la mission de formation de l’Otan, qui aide plusieurs pays proches de zones de conflit ou de régions touchées par le terrorisme "à développer leurs propres capacités militaires, de manière à renforcer leurs capacités à lutter contre le terrorisme". "L’important, c’est de s’attaquer aux causes de l’instabilité dans ces pays. On a un certain nombre de feuilles de route, de partenariats, avec des pays de la région. Je pense à la Jordanie par exemple, je pense à l’Irak", a-t-il résumé.

"L'Otan permet à la France d'exercer sa pleine souveraineté". Interrogé sur une information parue mercredi dans le Canard enchaîné, selon laquelle le Conseil des ministres a approuvé en janvier un projet de loi qui prévoit le retour de la France dans les instances militaires de l'Otan, il a déclaré : "C'est l'aboutissement d’un processus. Charles de Gaulle est sorti de la structure militaire de l'Otan pour des questions de souveraineté qui se justifiaient en 1966 (...) Mais la souveraineté s’exerce différemment aujourd'hui. C'est logique : la France a participé à toutes les opérations de l'Otan et elle n'a jamais quitté sa structure politique. L'Otan permet à la France d'exercer sa pleine souveraineté sur les plans politique, diplomatique et industriel." Alors président de la République, De Gaulle avait décidé en 1966 de quitter les instances militaires de l'organisation, les estimant trop proches des Etats-Unis.