Les 7 questions-clés de l’affaire DSK

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Les 7 questions-clés de l’affaire DSK
@ REUTERS
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Europe1.fr fait le point sur l’enquête, alors que Strauss-Kahn a été officiellement inculpé.

Que s’est-il passé dans la suite 2806 du Sofitel de New York ? Depuis jeudi soir, sept chefs d’accusation ont été retenus contre Dominique Strauss Kahn, qui a été inculpé et libéré sous caution. Concernant l’enquête, hormis le témoignage de la victime présumée et la version des policiers américains, les détails de l’accusation restent flous. Europe1.fr fait le point sur ce que nous savons, ainsi que sur les zones d’ombre de l'enquête.

Que s’est-il passé dans la suite ? On ne dispose que de la version donnée par la police, plusieurs heures après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Du côté de la défense, aucune version des faits n’a encore été avancée, comme le veut le système américain.

D’après la police, Nafissatou Diallo, femme de chambre âgée de 32 ans, est entrée dans la suite de luxe de DSK, quand celui-ci, qui était dans la salle de bain, en est sorti nu. Il aurait ensuite enfermé la jeune femme dans la chambre, où il lui aurait sauté dessus. D’après l’acte d’accusation présenté par le procureur Cyrus Vance, Dominique Strauss Kahn "a tenté de lui enlever ses collants et a utilisé la force pour toucher le zone autour du vagin. Son pénis a été en contact avec la bouche de le victime à deux reprises, à chaque fois par le recours à la force".

A quelle heure ont eu lieu les faits ? D’après l'agence Reuters, qui cite une source proche du dossier, la police s’interroge sur le délai d’une heure entre le départ de l’hôtel de DSK, et le moment où le Sofitel a donné l’alerte.

L’heure à laquelle la femme de chambre est entrée dans la suite est estimée peu après midi. D’après les policiers, la victime présumée aurait immédiatement parlé de son agression à des collègues. Or, l’appel du Sofitel au numéro d’urgence de la police, le 911, n’a été donné qu’à 13h32.

La source à l’origine de cette information donne deux raisons possibles à ce délai : soit la victime était tellement choquée que son récit était confus, soit, la direction française de l'hôtel n'aurait pas voulu se précipiter pour dénoncer ce célèbre client français. Pour le moment, aucun commentaire du côté du Sofitel.

La femme de chambre a-t-elle utilisé son pass ? Les pass utilisés par les employés et les clients de l’hôtel peuvent permettre de savoir à quelle heure les faits ont eu lieu. Mais, selon une information du Figaro, un membre du personnel de l’hôtel était déjà dans la chambre quand Nafissatou Diallo est entrée. Cet homme est donc un nouveau témoin-clé de l’enquête. Il pourrait avoir laissé la porte ouverte, et dans ce cas la victime présumée n’aurait pas utilisé son pass.

Par ailleurs, DSK étant accusé de séquestration, le pass, qui enregistre toutes les ouvertures et toutes les fermetures, devrait également permettre de savoir si la porte a été fermée ou pas après l'arrivée de la femme de chambre.

La victime présumée savait-elle qui était DSK ? La photo de DSK était affichée dans le local des employés, comme c'est habituellement le cas pour tous les VIP qui descendent au Sofitel. La femme de chambre travaillant au Sofitel depuis trois ans, elle aurait donc tous les moyens de savoir qui occupait la chambre. Pourtant, son avocat, Jeff Shapiro, assure que sa cliente ne connaissait pas DSK.

Strauss-Kahn était-il en fuite ? L’ancien patron du FMI arrêté dans un avion en partance pour Paris, la justice américaine a rapidement pensé qu’il avait tenté de fuir les Etats-Unis. Samedi 14 mai, DSK aurait quitté l’hôtel à 12h28. Depuis le début de l'affaire, plusieurs témoignages contradictoires ont été recueillis par la police sur le comportement de l'ancien patron du FMI peu après les faits. Une cliente française du Sofitel assure ainsi qu'il avait un comportement tout à fait normal, alors qu’un Norvégien, qui a emprunté le taxi du même chauffeur quelques heures après DSK et qui dit tenir la confidence de ce dernier, l'ancien ministre était "très pressé, bouleversé et stressé".

Autre point qui pose question : l’oubli du téléphone portable. Le fait d’avoir oublié un de ses sept téléphones à l’hôtel a d’abord été considéré comme une preuve que Dominique Strauss-Kahn était parti précipitamment. Cependant, DSK a ensuite appelé l’hôtel, alors qu’il se trouvait à l’aéroport JFK, pour leur annoncer qu’il l’avait perdu. Détail important : il leur a précisé l’endroit où il se trouvait, ce qui a permis à la police de l’arrêter.

A noter que le vol AF17, prévu à 16h 40, avait été réservé dès le 11 mai, soit quatre jours avant les faits, selon des preuves apportées au tribunal jeudi par les avocats de Dominique Strauss-Kahn.

Un témoin-clé, sa fille. Après l’agression présumée, Dominique Strauss-Kahn aurait retrouvé sa fille Camille dans un restaurant new-yorkais pour déjeuner. Reste à savoir si la défense possède des preuves de ce rendez-vous familial, qui prouveraient donc qu’il n’était pas pressé de fuir.

De quels éléments disposent les enquêteurs ? Les résultats des analyses médicales et ADN, effectuées peu après les faits, n’ont pas été rendus publics. On sait simplement que des fluides corporels ont été retrouvés dans la chambre.

Et certaines informations, citant un rapport du consul général de France à New York, font état de "traces de griffures" sur le torse de DSK. Ce qui n’a été ni confirmé ni infirmé. Ces éléments seront, à coup sûr, déterminants.