L'EI détruit un temple sur le site antique de Palmyre

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L'EI détruit un temple sur le site antique de Palmyre
@ JOSEPH EID / AFP
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Jusqu'à présent, seuls quelques monuments dans la ville syrienne avaient été détruits par les djihadistes.

Les combattants de l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) ont détruit dimanche à l'explosif un temple dans la cité antique de Palmyre. D'après le directeur des Antiquités syriennes, Maamoun Abdul Karim, il s'agit d'un des temples les plus importants du site. "Daech (acronyme en arabe de l'EI) a placé aujourd'hui une grande quantité d'explosifs dans le temple de Baalshamin avant de le faire exploser. Le bâtiment est en grande partie détruit", a indiqué Maamoun Abdulkarim. "La 'cella' (partie close du temple) a été détruite et des colonnes autour se sont effondrées", a-t-il précisé.

Le temple de Baalshamin a commencé à être érigé en l'an 17 puis a été agrandi et embelli par l'empereur romain Hadrien en 130. Baalshamin est le dieu du ciel phénicien. "Nos plus sombres prédictions sont malheureusement en train de se réaliser", a déploré Maamoun Abdulkarim.

Le directeur du site exécuté. Mardi dernier, les djihadistes avaient décapité l'ancien directeur du site archéologique et accroché son corps à une colonne antique d'une des places de la ville. Khaled Assaad, qui avait dirigé pendant cinquante ans le site des ruines romaines de Palmyre, était âgé de 82 ans.

Les djihadistes l'avaient arrêté le mois dernier et, selon des informations relayées par l'Unesco, ont tenté de lui faire avouer où se trouvaient les centaines de statues et de biens culturels transférés et mis à l'abri avant leur arrivé. La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, s'était dit "indignée" par "cet acte abominable".



Après Hatra, Nimrud, Mossoul. L'EI a détruit plusieurs vestiges antiques dans les territoires sous son contrôle, principalement dans le nord de l'Irak et dans le nord-est de la Syrie. Les djihadistes se sont ainsi attaqués aux ruines des cités antiques de Hatra et Nimrud et saccagé le musée archéologique de Mossoul. Mais à Palmyre, ils n'avaient jusqu'à présent détruit que quelques monuments affirmant que les visiteurs pouvaient s'y adonner au paganisme, une pratique qu'ils considèrent comme sacrilège.

La perle antique du désert syrien. Palmyre, oasis au milieu du désert à 250 km environ au nord-est de Damas, fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique, au carrefour de plusieurs civilisations. Ses ruines monumentales sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco.