Le Zimbabwe menace de réprimer l'usage des réseaux sociaux

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Le Zimbabwe menace de réprimer l'usage des réseaux sociaux
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Le pays voit depuis plusieurs semaines s'intensifier la contestation, dans la rue et sur Internet.

Le Zimbabwe a menacé mardi de répression les cyberactivistes qui appellent à l'éviction du gouvernement du président Robert Mugabe, et une nouvelle fois mis en garde contre la velléité d'imiter les "Printemps arabes". "Ils doivent être avertis que le long bras de la loi est en train de les encercler", a mis en garde mardi lors d'une conférence de presse à Harare le ministre zimbabwéen de l'Information Christopher Mushohwe, en s'adressant aux militants travaillant avec "la diaspora des cyberterroristes".

Il prévient que la contestation est inutile. Alors que le pays voit depuis plusieurs semaines s'intensifier la contestation, dans la rue et sur Internet, Christophe Mushohwe a prévenu que les autorités "observaient de près les activités de ces éléments subversifs". La semaine dernière, le président Mugabe a déjà comparé les manifestations contre son régime aux révolutions arabes qui ont fait tomber en 2011 plusieurs chefs d'Etat tout en prévenant que la contestation était inutile.

Une comparaison reprise mardi par son ministre. "Que les Zimbabwéens le sachent: si c'est arrivé en Libye, si c'est arrivé en Irak, si c'est arrivé en Syrie, cela peut arriver n'importe où, alors ne l'encourageons pas", a lancé le représentant du gouvernement. "C'est pourquoi vous voyez la plupart des Libyens et des Syriens se noyer chaque jour dans la mer Méditerranée en essayant de se rendre en Europe pour y trouver la paix qu'ils ont détruite dans leur pays. Il fut un temps où ils avaient la paix comme ici au Zimbabwe."

Un pasteur à l'origine du mouvement. Le Zimbabwe est secoué par une vague de contestation, un fait rare dans ce pays où les manifestations sont fermement réprimées par la police. De nombreux Zimbabwéens accusent Robert Mugabe, au pouvoir depuis 36 ans, de détruire l'économie du pays. Un mécontentement renforcé par l'incapacité du gouvernement, à cours de devises, de payer ses fonctionnaires en temps et en heure. Sur Internet a fleuri ces derniers temps le hashtag "ThisFlag" ("Ce drapeau"), l'étendard zimbabwéen étant devenu un symbole de la contestation.

Cette campagne de protestation a été initiée par le pasteur Evan Mawarire, devenu le chef de file de la fronde citoyenne au Zimbabwe. Il s'est enfui en Afrique du Sud le mois dernier après avoir été arrêté au Zimbabwe, puis relâché de manière inattendue par la justice. Il voyage actuellement aux Etats-Unis où il recherche des soutiens. "Il y a des gens qui sont aujourd'hui en difficulté parce qu'ils ont pensé que Mawarire était leur chef. Mais où est Mawarire à présent?" a accusé mardi Christopher Mushohwe. A 92 ans, Robert Mugabe est le plus vieux chef d'Etat au monde en exercice. Il compte se représenter à la présidentielle de 2018.