Le suicide qui secoue l'Espagne

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Le suicide qui secoue l'Espagne
Des manifestations ont été organisées après le suicide d'Amaya Egana.@ REUTERS
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Au Pays Basque, une femme sur le point d'être expulsée s'est donné la mort.

Il s'agit du deuxième suicide lié aux expulsions en moins de trois semaines en Espagne. Amaya Egana, une ancienne élue socialiste de 53 ans, s'est suicidée vendredi alors qu'elle était sur le point d'être expulsée, car elle était incapable de rembourser son emprunt immobilier. C'est quand les huissiers sont venus chez elle, à Barakaldo, au Pays Basque, qu'elle s'est jetée par la fenêtre du quatrième étage, mourant sur le coup.

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Des manifestations ont été organisées à Madrid et à Barakaldo. Dans un pays qui vit au rythme des expulsions, la mort d'Amaya Egana a en effet particulièrement touché les Espagnols. Depuis le début de la crise en 2008, 400.000 familles ont dû quitter leur domicile et la cadence s'est encore accélérée ces derniers mois.

"Les banques sont responsables"

Maria Uriarte, responsable du mouvement contre les expulsions au Pays Basque, estime au micro d'Europe 1 que "les banques sont directement responsables de tout cela". "Les pouvoir publics doivent agir immédiatement, on ne doit pas attendre la semaine prochaine. Combien de vies la banque va-t-elle encore prendre? C'est inadmissible", s'indigne-t-elle.

Rajoy réagit

La mobilisation commence à porter ses fruits : la caisse d'épargne Kutxabank a décidé samedi de suspendre les expulsions de propriétaires accumulant des impayés, une décision inédite dans le secteur bancaire espagnol. Et le gouvernement espagnol semble décidé à modifier la loi permettant ces expulsions. "J'espère que nous pourrons parler dès lundi de l'arrêt temporaire des expulsions qui touchent les familles les plus vulnérables", a annoncé le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, en meeting en Catalogne.

Il y a urgence : chaque jour, ce sont pratiquement 500 familles qui sont expulsées dans le pays. Et la situation dramatique du marché de l'emploi, avec un taux de chômage à plus de 25%, ne risque pas d'inverser la tendance.