Le Sri Lanka expose le corps du chef des Tigres

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Le Sri Lanka expose le corps du chef des Tigres
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Le président du Sri Lanka a déclaré mardi devant le Parlement que les Tigres tamouls avaient été "totalement battus" par l'armée gouvernementale. Pour prouver que le chef des rebelles avait lui-même été tué, des images de son corps ont été diffusées à la télévision locale.

Un corps, présenté comme celui de Vellupillai Prabhakaran, le chef des Tigres tamouls, a été montréà la télévision publique mardi au Sri Lanka. Des images destinées à prouver que l'homme a bien été tué, comme l'affirme l'armée régulière depuis lundi. "Je suis très heureux de confirmer que nous avons tué cet impitoyable dirigeant terroriste", a réaffirmé le chef de l'armée de terre. Sur le site internet des rebelles Tamilnet.com, un responsable des Tigres affirmait encore mardi matin que Vellupillai Prabhakaran était "vivant et en sécurité. Il continuera de conduire la quête de dignité et de liberté pour le peuple tamoul".

Sur le terrain, les rebelles tamouls du Sri Lanka ont été "totalement battus" par l'armée gouvernementale, a assuré le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, mardi matin dans un discours devant le Parlement. Dès dimanche, les Tigres tamouls, qui souhaitaient l’indépendance d’une partie du territoire, avaient eux-mêmes reconnu leur défaite militaire.

Cet épisode met fin à 37 ans de conflit, la plus longue guerre civile d’Asie, qui a fait plus de 70.000 morts. En plus d'une victoire militaire, c’est aussi une victoire politique pour le président sri-lankais. Mahinda Rajapaksa avait promis qu’il écraserait "les terroristes et les barbares tamouls" selon ses termes. Il s’est lancé depuis trois ans dans une guerre à outrance et une offensive "finale" a commencé en janvier dans le nord-est.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban-Ki-moon, devrait se rendre vendredi dans le pays pour discuter d'une action humanitaire. L'ONU estime que 6.500 civils ont probablement été tués entre la fin janvier et la mi-avril. En raison de la brutalité de cet ultime coup de boutoir, Colombo s'est mis à dos les pays occidentaux. Au cours des derniers jours, les rebelles ont accusé les militaires d'avoir massacré des milliers de civils. Colombo a rétorqué que la guérilla tirait sur ces "boucliers humains".