Le soleil d’Afrique, l’énergie de demain de l’Europe

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Le soleil d’Afrique, l’énergie de demain de l’Europe
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Un regroupement d'entreprises lancent un réseau de centrales solaires dans le nord de l'Afrique et au Moyen-Orient pour alimenter l'Europe en énergie "propre".

L’énergie européenne de demain pourrait bien provenir du soleil du Sahara. Le projet Desertec, lancé lundi à Munich par une douzaine d’entreprises en majorité allemandes et nord-africaines emmenées par le réassureur Munich Re, a pour objectif de chauffer l’Europe avec le soleil des déserts africains. Le coût de ce projet pharaonique s’élève à 400 milliards. Les premières livraisons pourraient avoir lieu en 2020.
Sur le papier, Desertec promet de couvrir à terme 15% des besoins énergétiques de l'Europe et "une part considérable" de ceux des pays producteurs, de réduire la production de CO2, mais aussi de dessaler l'eau de mer pour fournir de l'eau potable aux populations locales. L'idée est de constituer un réseau de centrales thermiques solaires disséminées du Maroc jusqu'à l'Arabie Saoudite et qui serait relié à l'Europe via des câbles électriques sous-marins.
Dans les faits, de nombreuses questions ne sont pas résolues, comme les lieux d'implantation des installations, leurs dates de mise en service, le coût du courant produit, le bénéfice qu'en tireront les pays africains et arabes, le manque de stabilité politique dans certaines régions productrices et le financement du projet. Aucune réponse claire n'a été apportée lundi, les promoteurs de Desertec arguant que c'est à présent le travail d'un bureau d'études dédié d'y répondre.
La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont déjà salué l'initiative. Les critiques doutent eux des chances de développement pour les pays producteurs et pensent que l'intérêt défendu est avant celui de l'Europe. La France semble être, pour l'heure, absente du projet.