Le scandale qui embarrasse Obama

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Le scandale qui embarrasse Obama
Des élus républicains demandent la publication de documents sur l'opération ratée Fast and Furious.
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Des élus républicains demandent la publication de documents sur l'opération ratée Fast and Furious.

Il ne s'agit pas d'un mauvais remake du film Fast and Furious. Mais l'opération du même nom, menée par une des agences fédérales américaines pour démanteler un cartel de drogue, tourne au cauchemar pour Barack Obama et son administration. Le ministre américain de la Justice devra faire face cette semaine à un vote de défiance de la Chambre des représentants.

Une opération secrète ratée

Lancée en 2009, l'opération Fast and Furious visait à piéger des trafiquants de drogue. Il s'agissait de livrer des armes à un cartel mexicain pour remonter jusqu'à la tête du réseau, explique Rue 89. Problème : l'agence fédérale sur l'alcool, le tabac et les armes (ATF), en charge de cette opération secrète, a perdu la trace de 2.000 de ces armes. Pire, deux armes disparues ont servi lors d'une fusillade, au cours de laquelle un garde-frontière américain a été tué.

Depuis février 2011, et la révélation de l'affaire, le ministre américain de la Justice, Eric Holder, et Barack Obama ont toujours nié avoir été au courant de cette vente d'armes. Mais les élus républicains font pression sur l'administration démocrate pour obtenir la publication de documents sur Fast and Furious. Demande rejetée par Holder et Obama, qui affirment qu'ils pourraient mettre en péril des opérations en cours. Le président américain a même invoqué pour la première fois le "privilège exécutif" - un "joker" exceptionnel qui lui permet d'éviter certaines investigations.

"Outrage au Congrès"

Mais la commission parlementaire chargée de superviser les activités du gouvernement, qui estime de Eric Holder a menti, a voté mercredi dernier une résolution qui l'accuse d'"outrage au Congrès". La Chambre des représentants - à majorité républicaine - doit avaliser cette motion dans la semaine.

L'influent élu républicain Darrell Issa a néanmoins assuré dimanche que le vote pourrait être annulé si la Maison Blanche fournissait les documents demandés par les élus. "Si ces documents disent ce que Eric Holder dit qu'ils disent, on pourrait ne pas voter l'outrage", a-t-il déclaré.