Le Royaume-Uni veut limiter l'immigration européenne

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Le Royaume-Uni veut limiter l'immigration européenne
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Londres veut pouvoir limiter la libre-circulation des citoyens, même européens. L’exécutif va dévoiler ses intentions lundi.

L'euroscepticime gagne du terrain outre-Manche. Le vice-Premier ministre britannique doit dévoiler lundi ses intentions en matière d'immigration intra-européenne et le message est limpide : Nick Clegg va plaider que l'immigration au Royaume-Uni en provenance de pays rejoignant l'Union européenne devrait être limitée, lançant un débat crucial sur l'immigration et l'Europe neuf mois avant l'élection générale.

Ce que veut le Royaume-Uni en matière d'immigration. Le leader des Libéraux-Démocrates va proposer un renforcement du système européen d'intégration actuel : dans celui-ci, les nouveaux membres doivent attendre jusqu'à sept ans avant que leurs citoyens aient le droit de vivre et travailler dans d'autres pays de l'UE. Le vice-Premier ministre souhaite un allongement de cette durée, qu'il justifie par des différences économiques entre les Etats. Les nations comme le Royaume-Uni devraient en outre avoir le droit de freiner les entrées aux frontières si le nombre de migrants est trop important une fois le délai dépassé, argue le vice-Premier ministre dans son discours.

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Le pays redoute les "surprises". "C'est bien normal - et je dis cela en tant que pro-Européen - que nous réformions la liberté de mouvement pour refléter ces réalités", estime-t-il. "Il ne s'agit pas de fermer la porte, mais de stabiliser le flux de personnes entrant au Royaume-Uni de manière prudente et honnête". "Il est dans l'intérêt de tous ceux qui vivent ici - qu'ils soient natifs du Royaume-Uni ou non - d'être assurés que, lorsqu'un nouveau membre rejoint l'UE, il n'y ait pas de surprises et de craintes à avoir".

Parmi les candidats actuels à une entrée dans l'UE figurent l'Albanie, l'Islande, le Montenegro, la Serbie et la Turquie, mais le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prévenu qu'il n'y aurait pas de nouvelle adhésion au cours des cinq prochaines années.

Les élections dans le viseur. L'annonce de Nick Clegg a aussi des visées électorales : placé sous pression par la montée du Parti pour l'indépendance UKIP, eurosceptique, le Premier ministre David Cameron a promis de renégocier les liens du pays avec Bruxelles et d'organiser un référendum sur l'appartenance à l'UE en 2017 s'il est réélu. L'immigration au Royaume-Uni en provenance de pays rejoignant l'Union européenne devrait être limitée, va plaider lundi dans une allocution le vice-Premier ministre britannique, en lançant un débat crucial sur l'immigration et l'Europe neuf mois avant l'élection générale.