Le procès Gbagbo s'ouvre jeudi à la CPI, cinq ans après la crise ivoirienne

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Le procès Gbagbo s'ouvre jeudi à la CPI, cinq ans après la crise ivoirienne
@ AFP
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Laurent Gbagbo, arrêté en 2011 et accusé de crimes contre l'humanité, est le premier chef d'Etat à être jugé par la Cour pénale internationale. 

Le très attendu procès de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s'ouvre jeudi devant la Cour pénale internationale, cinq ans après des violences qui ont déchiré une Côte d'Ivoire toujours en quête de "vérité".

Manifestation de partisans. L'audience débutera à 9h30. La procureure Fatou Bensouda et son équipe prendront la parole avant les représentants des 726 victimes admises aux procédures. La défense s'exprimera ensuite, probablement à partir de vendredi. Plus d'un millier de partisans de Laurent Gbagbo sont attendus pour une manifestation jeudi devant les bâtiments de la CPI, à La Haye.

Crimes contre l'humanité... Laurent Gbagbo, 70 ans, est le premier ex-chef d'Etat poursuivi par la CPI. Lui et son co-accusé Charles Blé Goudé, 44 ans, ancien chef de milice, doivent répondre de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, actes inhumains et persécutions. Ils sont poursuivis pour leur rôle dans la crise née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara à l'issue de l'élection présidentielle de fin 2010. Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois et Laurent Gbagbo avait finalement été arrêté en avril 2011 après plusieurs jours de bombardements de la force française Licorne.

... pour conserver le pouvoir ? L'ex-président ivoirien est accusé d'avoir fomenté une campagne de violences pour tenter, en vain, de conserver le pouvoir. Charles Blé Goudé aurait, lui, été à la tête d'hommes ayant tué et violé des centaines de personnes dans le but de maintenir l'ex-chef de l'Etat au pouvoir. Mais pour le camp Gbagbo, ce dernier est un chantre du multipartisme et la France, ancienne puissance coloniale, est derrière le "complot" qui a entraîné la chute de ce farouche nationaliste.