Le prix Nobel de la paix accordé au président colombien Santos

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Le prix Nobel de la paix accordé au président colombien Santos
@ LUIS ACOSTA / AFP
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Juan Manuel Santos est à l'origine de l'accord de paix mettant fin à la guerre civile qui déchire la Colombie depuis 52 ans.

Vendredi, le prix Nobel de la paix a été décerné à Juan Manuel Santos, le président colombien, pour ses "efforts déterminés" en faveur de la paix en dépit de l'échec du référendum sur l'accord conclu avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a annoncé le comité Nobel.



Hommage au peuple colombien. Le comité Nobel a souligné que ce prix était également un hommage au peuple colombien et à toutes les parties impliquées dans le processus de paix. Juan Manuel Santos s'est dit "bouleversé" et "reconnaissant" lorsqu'il a appris que le prix Nobel de la paix lui avait été attribué, a rapporté le secrétaire général du comité Nobel à la chaîne de télévision norvégienne NRK. "Il a ajouté que ce prix était d'une importance inestimable pour faire avancer le processus de paix en Colombie", a-t-il poursuivi.

"Cela va être un grand encouragement pour y arriver et pour commencer à construire la paix en Colombie", a déclaré Juan Manuel Santos dans un entretien publié sur la page Facebook du prix Nobel. "Il faut persévérer", a-t-il ajouté. "Les Colombiens vont recevoir (le prix) avec émotion, plus particulièrement les victimes qui vont être très, très heureuses car c'est en leur nom que cette récompense est accordée", a-t-il estimé. "Il n'y a pas de meilleures causes pour une société, un pays que de vivre en paix (...). Nous allons continuer jusqu'au bout", a affirmé le président colombien.

Un accord de paix rejeté… Après plus de quatre ans de négociation, l'accord de paix, signé le 26 septembre dernier, entre Juan Manuel Santos et le chef de la guérilla des Farc, prévoit de mettre fin à 52 ans de guerre civile, un conflit qui a fait plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et presque 7 millions de déplacés.  Mais, jugé trop favorable aux ex-guérilléros par ses détracteurs, il a été rejeté dimanche par référendum par 50,21% des voix contre 49,78%.

… et qui crée une "incertitude pour l'avenir". "L'issue de ce scrutin n'a pas été celle que souhaitait le président Santos : une courte majorité des plus de 13 millions de Colombiens qui ont voté ont dit non à cet accord", note le comité Nobel, qui ajoute que ce résultat a créé "une grande incertitude pour l'avenir de la Colombie". "De ce fait, il est encore plus important que les parties, dirigées par le président Santos et le leader de la guérilla des Farc Rodrigo Londoño, continuent d'observer le cessez-le-feu." Mais le comité Nobel estime que le référendum n'a pas été marqué par une victoire du refus de la paix. "Ce que le camp du 'non' a rejeté, ce n'était pas le désir de paix, mais un accord spécifique", poursuit-il.

Et la semaine prochaine ? Le Nobel de la paix est la quatrième récompense décernée cette année après la médecine lundi, la physique mardi et la chimie mercredi. Suivront la semaine prochaine le prix de la Sveriges Riksbank en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, ou prix Nobel d'économie, qui sera décerné lundi, et le Nobel de littérature, jeudi.