Le pic de la crise des réfugiés est passé, priorité désormais à l'intégration, dit l'OCDE

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Le pic de la crise des réfugiés est passé, priorité désormais à l'intégration, dit l'OCDE
En 2016, les pays de l'OCDE ont enregistré plus de 1,6 million de demandes d'asile@ PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Depuis le début de l'année, l'OCDE relève douze fois de débarquements de migrants que dans le deuxième moitié de 2015. L'organisation demande à ce que les pays d'accueil se concentrent sur leur intégration.

Le "pic" de la crise humanitaire des réfugiés "est derrière nous" et la priorité doit désormais aller à l'intégration, "défi" pour les politiques nationales et internationales, estime jeudi l'OCDE dans son rapport annuel sur les migrations.

Des demandes en baisse par rapport à 2015. Les flux "sans précédent" observés fin 2015-début 2016 "ont diminué" depuis un an : il y a eu 72.000 débarquements de migrants venus d'Afrique sur les côtes européennes depuis le début de l'année, soit "douze fois moins que dans la deuxième moité de 2015", souligne Stefano Scarpetta, directeur pour l'emploi, le travail et les affaires sociales à l'OCDE. Mais "beaucoup de ceux arrivés en Europe pour fuir des pays en conflit resteront vraisemblablement un certain temps", et c'est pourquoi "il est désormais temps de se concentrer sur la manière d'aider ces gens à s'installer dans leurs nouveaux pays d'accueil" et à "s'intégrer sur le marché du travail", ajoute-t-il.

L'Allemagne, pays le plus sollicité. En 2016, les pays de l'OCDE ont enregistré plus de 1,6 million de demandes d'asile, comme en 2015, et sur ce total "environ 1,5 million" ont obtenu l'asile, souligne le rapport. Pour la quatrième année consécutive, l'Allemagne a été le pays le plus sollicité (675.000 premières demandes d'asile) - même si, du fait des délais de traitement, "la majorité des demandeurs étaient déjà arrivés en 2015". Suivent les Etats-Unis (260.000), l'Italie (120.000), la France et la Turquie (un peu moins de 80.000). Hors Allemagne, le nombre de demandes "a en fait chuté de 25%" dans les pays de l'OCDE entre 2015 et 2016.

"Inquiétude des populations". Près de la moitié des demandes provenaient de trois pays (Syrie, Afghanistan et Irak), avec de fortes spécificités nationales : Gambiens et Nigérians en Italie, Soudanais en France, Iraniens en Grande-Bretagne... Dans le sillage de la crise économique, l"importance soudaine" de ces flux "a alimenté les inquiétudes des populations", souvent demandeuses de politiques "plus sélectives et restrictives", voire "d'une fermeture totale des frontières", note Stefano Scarpetta. Ainsi, "la plupart des pays ont renforcé leurs programmes de réinstallation" (consistant à amener directement les réfugiés depuis leur pays ou un pays tiers) mais les conditions sont devenues "moins favorables dans de nombreux pays" pour les bénéficiaires d'une protection humanitaire, selon le rapport.