Le jubilé, sa reine et ses chômeurs

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Le jubilé, sa reine et ses chômeurs
@ REUTERS
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Une société de sécurité a recruté des chômeurs qu'elle a accueillis dans des conditions dégradantes.

Scandale en marge des célébrations du jubilé de Diamant de la reine. Le contraste entre les fastes de la fête et le sort d'un groupe d'une trentaine de chômeurs détonne en Angleterre. Le journal The Guardian a révélé que de chômeurs, qui avaient été recrutés pour travailler comme vigiles pendant le week-end du jubilé, ont été maltraités.

Alors que la reine dormait dans son palais de Buckingham, ces chômeurs, qui espéraient gagner de l'argent pendant le week-end du jubilé, ont été obligés de dormir sous un pont et ont été privés d'accès à des toilettes pendant plus de 24 heures.

En plus de ces chômeurs, la société de sécurité a recruté une cinquantaine d'apprentis payés… 2,80 livre (3,44 euros) de l'heure pour les trois jours de travail.

"La pire expérience"

Originaires du sud de l'Angleterre, ces chômeurs de longue durée avaient été recrutés par une agence de sécurité dans le cadre d'un programme de retour à l'emploi. Leur mission était d'encadrer la foule venue à Londres pour assister aux festivités. Or, contrairement aux promesses de l'entreprise, le travail n'a pas été payé. Pendant près de deux jours, les chômeurs ont dû faire face à des conditions de vie dégradantes.

Arrivés la veille de la parade nautique en bus, ils ont dormi sous un pont, à même le sol, avant d'enchaîner avec une journée de travail de 14 heures, sous une pluie battante.

"C'était la pire expérience que j'ai jamais eu. J'ai eu des boulots –certains très mauvais- mais celui-ci était le pire", raconte au Guardian une jeune femme. Une autre femme raconte comment "ils nous ont demandé de nous changer dans un minibus", avant de le trouver "fermé". Certains ont donc dû se dévêtir "en public dans le froid et la pluie".

Un "essai" selon l'entreprise 

Un porte-parole de l'entreprise a assuré que le travail non payé était un "essai" en vue du travail qui sera cette fois "rémunéré" lors des Jeux Olympiques. "Le staff venu pour le jubilé complète son entraînement" car, selon l'entreprise, il est "important qu'ils aient "une expérience" avant le grand événement sportif de l'été.

L'opposition travailliste réclame une enquête et elle dénonce le travail non rémunéré imposé aux chômeurs par le gouvernement. Mais selon le Premier ministre, il n'y a pas de raison de s'émouvoir : cet "incident" serait un cas isolé.