Le général Petraeus trahi par ses dames

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Le général Petraeus trahi par ses dames
Le général et sa biographe, Paula Broadwell.@ Reuters
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Le patron de la CIA est le personnage principal d'un "feuilleton" qui fait polémique aux Etats-Unis.

Le teaser : Toute la sécurité américaine est en émoi. Des responsables du FBI et de la CIA doivent faire le point mardi sur l'enquête au sujet du scandale d'adultère impliquant le général Petraeus. Sa démission fracassante a fait suite à une série d'e-mails "menaçants" adressés par sa maîtresse, Paula Broadwell, à une seconde femme qu'elle aurait considérée comme une rivale.

Episode 1 : La chute

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© Reuters

Vendredi dernier, surprise au sommet de l'Etat ! Quelques heures après le discours de Barack Obama sur l'économie, David Petraeus, le patron de la CIA, envoie une lettre aux employés de Langley, le QG du renseignement américain. Accablant. "Après plus de 37 ans de mariage, j'ai fait preuve d'un énorme manque de jugement en m'engageant dans une relation extraconjugale. Un tel comportement est inacceptable à la fois comme mari et comme dirigeant d'une organisation comme la nôtre", dit-il. Les hauts-responsables américains s'activent. Le président américain accepte la démission du chef de la CIA. Le plus populaire des généraux américains vient d'enterrer les spéculations sur son avenir politique, alors que beaucoup le voyaient concourir un jour à l'élection présidentielle sous la bannière républicaine.

La Maison-Blanche a été prévenue mercredi soir de l'intention de David Petraeus de démissionner. Et le président seulement jeudi matin, une fois revenu de Chicago, selon le New York Times. Les rumeurs vont bon train aux Etats-Unis car ses relations ont été tumultueuses avec Barack Obama qui l'a mis à la tête de la force militaire en Afghanistan après avoir été appelé par Bush pour sortir du bourbier irakien.

>>> A lire : La démission surprise du patron de la CIA

Episode 2 : Le bourreau des cœurs

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© Reuters

La presse américaine découvre rapidement le pot aux roses. Sa maîtresse s'appelle Paula Broadwell. Le jour de la démission de "son" général, cette grande brune au CV impeccable a fêté son quarantième anniversaire. Cette ancienne militaire, diplômée de Harvard et de l'académie militaire de West Point ainsi qu'experte en lutte antiterroriste, a passé un an en Afghanistan pour écrire une biographie : "All In : The Education of General Petraeus" (pas traduit en Français). Derrière cette découverte : le FBI. Le Bureau fédéral d'investigation a mis à jour cette liaison, aujourd'hui terminée, en enquêtant sur des e-mails "menaçants" de Paula Broadwell adressés à une autre femme qui, effrayée, a demandé la protection du FBI.

Sa rivale n'est autre que Jill Kelley. Elle a 37 ans et habite Tampa, en Floride. Elle serait une amie de longue date du général. Elle n'avait aucun statut particulier au sein de l'armée et travaillait comme "agent de liaison sociale" avec une base aérienne en Floride. L'enquête est ensuite remontée jusqu'à David Petraeus, qui aurait été interrogé par le FBI il y a deux semaines. Selon le New York Post, les e-mails envoyés par Paula Broadwell, qui a deux enfants, étaient clairs : "je sais ce que tu as fait, va-t-en, éloigne-toi de mon mec". Les deux femmes ont semblé "rivaliser pour la reconnaissance" du général, "si ce n'est son affection", selon le New York Times. Paula "ressentait l'existence de cette femme comme une menace à sa relation avec Petraeus", dixit le Washington Post. Rien de tout ça, selon Jill Kelley. Sa famille et celle du général Petraeus étaient amies depuis cinq ans, dit-elle. Selon un proche de David Petraeus, cité par ABC News, la relation entre le général et Jill Kelley est même purement "amicale".

Episode 3 : La conspiration

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© Reuters

L'affaire fait du bruit à Washington et prend un tournant politique. Peter King, haut responsable républicain de la commission de la sécurité nationale à la Chambre des représentants, prend le micro sur CNN et lance un pavé dans la mare. Il se pose des questions sur toute l'affaire : "comment ces emails sont parvenus au FBI, comment le FBI a enquêté si longtemps, alors que le général Petraeus était impliqué". Sous entendu, le FBI aurait dû en parler au président, et maintenant il semble, qu'en réalité, le FBI a réalisé, seulement le jour de l'élection, que le général était impliqué.

Les partisans d'Obama montent au créneau. Pour Robert Menendez, sénateur démocrate du New Jersey, "la chaîne des événements est claire" : "à moins que l'on apprenne autre chose, je ne vois absolument pas de conspiration derrière chaque porte". Pour Diane Feinstein, la présidente de la commission du renseignement du Sénat américain, il n'y a "absolument pas" de lien entre la démission du patron de la CIA et l'attaque contre le consulat américain le 11 septembre à Benghazi, en Libye. L'ancien directeur de la CIA devait en effet être entendu jeudi par des parlementaires sur le dossier. Son remplaçant, Mike Morrell, assure l'intérim. La gestion de cette attaque par l'administration Obama ne cesse de faire polémique. Elle a prévu d'enquêter elle-même pour savoir pourquoi le FBI n'avait pas informé la Maison-Blanche  de l'affaire Petraeus : "nous aurions dû être informés, il s'agit de quelque chose qui aurait pu avoir un effet sur la sécurité nationale".