Le débat sur la laïcité inquiète le CFCM

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Le débat sur la laïcité inquiète le CFCM
Mohammed Moussaoui, président du CFCM, va faire une "mise au point générale sur les dernières déclarations portant sur l'exercice du culte musulman en France".@ MAXPPP
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L’instance représentative du culte musulman en France appelle à la "responsabilité".

Le débat sur la laïcité et l’islam voulu par le gouvernement suscite le rejet d'une partie de la communauté musulmane de France. Pour preuve, le Conseil Français du Culte Musulman a fait part lundi dans un communiqué de son "inquiétude face au débat sur la laïcité, prévu le 5 avril". Une conférence de presse va être organisée le 17 mars à Paris pour faire une mise au point générale sur les dernières déclarations portant sur l'exercice du culte musulman en France", a souligné Mohammed Moussaoui, président du CFCM, dans son communiqué.

"Le CFCM, en sa qualité d'instance représentative du culte musulman, appelle, en ces moments sensibles, l'ensemble des forces vives de la nation à la responsabilité et à la sérénité nécessaires à la préservation et à la consolidation de notre vivre ensemble", a-t-il ajouté. La conférence de presse aura lieu le 17 mars prochain à Paris.

Cette prise de position constitue un revers pour Nicolas Sarkozy. Alors ministre de l'Intérieur, il avait soutenu et créé officiellement en 2003 le Conseil Français du Culte musulman.

Boubakeur demande à Sarkozy d’annuler le débat

La mise au point du CFCM intervient alors que plusieurs voix de la communauté musulmane ont émis de doutes sur l’utilité du débat sur la laïcité et l'islam. Aberrhamane Dahmane, nommé en janvier conseiller technique en charge de la diversité à l'Elysée, a été limogé vendredi dernier pour ses très vives critiques. Il avait estimé que "l'UMP de Copé c'est la peste pour les musulmans". Il avait aussi appelé ses coreligionnaires à "ne pas renouveler leur adhésion" au parti présidentiel.

Un appel suivi par Abdallah Zekri, chargé de mission au CFCM et aumônier musulman des hôpitaux, qui a déchiré sa carte et appelé "tous les musulmans de l'UMP" à l'imiter. Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a pour sa part appelé le président de la République à annuler ce débat.