Le crash de la Yemenia, "un mauvais cauchemar"

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Le crash de la Yemenia, "un mauvais cauchemar"
@ Sébastien Krebs/EUROPE 1
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TÉMOIGNAGE E1 - Bahia Bakari, seule survivante du crash de la Yemenia aux Comores en 2009, veut aujourd’hui que l’enquête avance.

L’INFO. Bahia "la miraculée" a réussi à se relever. En juin 2009, cette adolescente de 14 ans était la seule survivante du crash de la compagnie Yemenia, au large des Comores, qui avait fait 152 morts. Aujourd’hui, elle assure mener "la vie normale" d’une jeune fille de 17 ans et confie au micro d’Europe 1 comment elle a surmonté ce "mauvais rêve". Mais elle veut désormais que l’enquête avance.

"Je me suis forcée à ne pas y penser".Les images du crash, lors duquel elle a perdu sa mère, ne disparaissent pas comme ça. Mais, explique Bahia, "on peut vivre normalement si on s'y force !". "Dès que c'est arrivé, je suis repartie en cours en septembre, je n'ai pas attendu, je me suis forcée à ne pas y penser", raconte aujourd’hui cette élève de terminale S, qui révise son bac et espère intégrer médecine.

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Le crash de la Yemenia

"C’était juste un mauvais rêve". "Parfois, la nuit, dans mon lit, je pense plus au moment où je suis dans l'eau", après le crash de l’A310. "Cet accident, j'y repense comme un mauvais cauchemar : je me dis que ça ne s'est pas passé, que c'était juste un mauvais rêve", décrit la jeune fille, ajoutant : "je pense que c'est comme ça que j'ai pu me relever, passer à autre chose". Bahia est même remontée dans un avion, deux ans après le crash. Elle a atterri au Comores, sur le lieu même où s’est produit l’accident, pour se rendre sur la tombe de sa mère. Longtemps, elle a culpabilisé d’être la seule survivante, mais aujourd’hui elle explique que c’était le destin et qu’elle est décidée à vivre.

Une enquête qui piétine. Bahia voudrait cependant que l’enquête sur le crash avance. La compagnie yéménite a été mise en examen le 15 novembre dernier par un juge d'instruction du tribunal de Bobigny pour "homicides involontaires". Cinq ans après les faits, les familles des victimes ont aussi porté plainte aux États-Unis, contre le loueur de l’avion. Mais l’enquête piétine, car le Yémen ne coopère pas avec la justice. "S’ils n'ont rien à cacher, ils devraient fournir toutes les pièces demandées pour savoir ce qui s'est vraiment passé", pointe Bahia. Son père, Kassim Bakari, attend toujours "que la justice [lui] dise ce qu’il s’est passé". Car, insiste-t-il, "le temps passe et nous, les familles, on attend".

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