Syrie : un conflit qui déborde sur le Liban

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avec AFP , modifié à
EFFET COLLATÉRAL - Des djihadistes combattent l'armée dans le nord du pays. Pour les soutenir, le Front Al-Nosra menacé d'exécuter les soldats libanais qu'il a capturés.

Le Liban, déjà déstabilisé par l'afflux de réfugiés syriens et les mouvements de combattants djihadistes à sa frontière, fait face à un nouveau défi. Des hommes armés libanais, des sunnites soupçonnés d'avoir fait allégeance à Al-Nosra, ont investi par les armes la ville de Tripoli, au nord du pays. Les violents combats ont fait plusieurs victimes et dévasté le souk de la ville samedi et dimanche. Le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a dans la foulée apporté son soutien à ces groupes armés et menacé d'exécuter les soldats libanais qu'il détient en otages.

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Tripoli devenue zone de guerre. Samedi, l'armée avait délogé du centre historique de Tripoli des hommes armés libanais sunnites soupçonnés d'avoir fait allégeance à Al-Nosra, au terme de violents combats qui ont tué un civil et un combattant, fait une vingtaine de blessés et ravagé une partie des anciens souks. Mais ces hommes armés se sont réfugiés dans un autre quartier de Tripoli, le secteur sunnite de Bab el-Tebbané, où de violents combats  se poursuivaient dimanche matin. De violents affrontements ont également lieu dans la localité de Bhannine, à 10 km au nord de Tripoli. Six soldats ont trouvé la mort au total à Tripoli et ses environs, selon l'armée.

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Les djihadistes d'Al-Nosra menace le Liban "d'escalade militaire". Dimanche, le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a apporté son soutien à ces combattants encore non identifiés et a menacé d'exécuter des soldats libanais qu'il détient en otage si l'armée libanaise ne cessait pas ses combats à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, contre des hommes armés soupçonnés de lui être affiliés. "Nous mettons en garde l'armée libanaise contre une escalade militaire visant les sunnites à Tripoli", a indiqué dans un communiqué mis en ligne le Front Al-Nosra.

"Nous l'appelons à lever le siège (des combattants, ndlr.) et à entamer une solution pacifique, sinon, nous serons amenés dans les prochaines heures à en finir avec le dossier des soldats otages chez nous, vu qu'ils sont des prisonniers de guerre", ajoute le groupe djihadiste. "La première exécution des otages se fera ce dimanche à 10H00 (08H00 GMT)", a-t-il menacé.

La guerre en Syrie ravive les tensions religieuses au Liban. Depuis début août, Al-Nosra tout comme le puissant groupe extrémiste Etat islamique (EI) retient comme otages 27 soldats et policiers libanais capturés lors de combats contre l'armée dans l'est du Liban frontalier de la Syrie. Les djihadistes, de confession sunnite, réclament le retrait du mouvement chiite libanais Hezbollah de Syrie - où il combat aux côtés des forces du régime -, accusant en outre l'armée libanaise d'être sous la coupe de ce parti. Ils réclament aussi un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban, ce que Beyrouth refuse.

Le conflit en Syrie a avivé les tensions au Liban où les sunnites soutiennent leurs coreligionnaires en Syrie qui combattent le régime, et les chiites, dont le Hezbollah, qui défendent le président Bachar al-Assad. Tripoli, déjà minée par les répercussions du conflit syrien depuis plus de trois ans, connaît régulièrement des heurts sanglants entre des sunnites partisans de la rébellion et des alaouites, une branche du chiisme, sympathisants du régime de Bachar al-Assad