Le complot qui inquiète les États-Unis

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Le complot qui inquiète les États-Unis
Manssor Abdabsial a comparu mardi à New York. Il n'a pas prononcé un mot pendant l'audience.@ REUTERS
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Ils accusent l'Iran d'avoir voulu tuer l'ambassadeur saoudien, aidé d'un cartel de la drogue.

L'histoire est digne d'un film d'espionnage. Deux hommes sont poursuivis aux États-Unis pour avoir fomenté un complot visant l'ambassadeur d'Arabie saoudite dans le pays. Washington a aussitôt pointé du doigt Téhéran, qui a répliqué, qualifiant ces accusations de "conspiration diabolique".

L'acteur principal de cette affaire s'appelle Manssor Abdabsiar. Vendeur de voitures d'occasion âgé de 56 ans, il possède la double nationalité américaine et iranienne, et vit au Texas, selon le New York Times. Début août, il aurait versé un acompte de 100.000 dollars sur un compte en banque américain. L'homme pense en effet être en contact avec un cartel de la drogue mexicain, Los Zetas, qu'il aurait tenté de recruter pour tuer l'ambassadeur saoudien dans un restaurant de Washington.

Pas un mot à l'audience

Une fois l'acompte versé, il se serait ensuite rendu à Mexico, avec l'intention de servir de "garantie" humaine pour montrer au cartel qu'il serait payé une fois le meurtre exécuté, rapporte le New York Times. Montant total de la transaction : 1,5 million de dollars.

Sauf que celui que Manssor Abdabsiar prenait pour un membre de l'organisation criminelle Los Zetas était en réalité un informateur américain, travaillant pour le compte de l'office américain de lutte contre les drogues. Arrêté fin septembre à l'aéroport JFK de New-York, il a comparu mardi devant un juge fédéral à New York. En jean et chemise, cicatrice sur la joue gauche, l'homme n'a pas prononcé un mot pendant l'audience. Un autre homme arrêté dans l'enquête sur cette affaire, Gholam Shakuri, se trouverait actuellement en Iran. Il ferait partie des Qods, les forces spéciales des Gardiens de la révolution.

Nom de code : "Chevrolet"

D'après CBS, Manssor Abdabsiar a accepté de collaborer avec les autorités américaines qui cherchaient à tout prix à prouver l'implication de l'Iran dans le complot. Nom de code de l'opération : "Chevrolet". Le plan aurait même inclus la possibilité de faire venir au Mexique plusieurs tonnes d'opium venues du Moyen-Orient.

Pour Eric Holder Jr, ministre de la Justice américain, il n'y a pas de doute : ce complot était "dirigé et approuvé par des éléments du gouvernement iranien et par des membres hauts placés des Qods", a-t-il déclaré.

"Alerte mondiale" au terrorisme

Téhéran a démenti son implication et le mode opératoire intrigue, jusque dans les rangs américains. "Soit c'est un plan isolé, soit ils utilisent de nouvelles tactique", a ainsi souligné un haut responsable de la sécurité américaine dans le New York Times.

Dans la foulée, les Etats-Unis ont lancé une "alerte mondiale" au terrorisme, appelant diplomates et voyageurs américains à la prudence. Car le complot mis au jour pourrait signifier, selon Washington, "que le gouvernement iranien nourrit des dispositions agressives en vue d'activités terroristes contre les diplomates de certains pays, y compris d'éventuelles attaques aux Etats-Unis".

"C'est un scénario sans fondement. Il s'agit d'une tentative pour détourner l'attention de l'opinion publique mondiale du mouvement anti-Wall Street et des échecs des Etats-Unis dans leur politique dans la région et dans le monde", a répliqué mercredi soir le général Salami, adjoint du chef des Gardiens de la révolution.