Le Canada dans l’enfer des flammes

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 Le Canada dans l’enfer des flammes
@ RCMP / Alberta RCMP / AFP
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De gigantesques incendies ravagent la province de l’Alberta au Canada. Des moyens exceptionnels ont été déployés.

Les flammes sont hors de contrôle. En vingt-quatre heures, les ravages provoqués par les incendies qui touchent le nord de la province canadienne de l'Alberta ont été multipliés par dix. Au total 1.110 pompiers sont mobilisés depuis trois jours, appuyés par 145 hélicoptères et 22 avions-citernes. 100.000 personnes sont en train d’être évacuées. Les autorités ont dénombrés 49 incendies, dont 7 totalement hors de contrôle.

Où les incendies ont-ils débuté ?

Les incendies ont commencé dans le nord de la province de l’Alberta, à l’ouest du Canada, à proximité de la ville de Fort McMurray où vivent 100.000 habitants. On ne connaît pas pour le moment la cause du feu, mais certains scientifiques affirment déjà qu’ils auraient été causés par l’homme.

"Il n’y a eu aucun orage sec, aucun éclair ces derniers jours", observe Mike Flanagan, spécialiste des incendies sauvages à l’université de l’Alberta, le laissant penser que l’origine du feu est humaine, peut-on lire dans l’édition canadienne du Huffington post. Le scientifique souligne également que les conditions ont été particulièrement favorables "à l’intensification des feux" cette année avec "des températures élevées, un hiver sec et des feuilles mortes en grande quantité".

Quels sont les dégâts pour le moment ?

Au moins 85.000 hectares sont déjà partis en fumée, soit une surface équivalente à huit fois Paris. Toute l'agglomération de Fort McMurray et des trois autres communes à quelques dizaines de kilomètres au sud ont été vidées. Près de 100.000 habitants au total ont été évacués depuis deux jours. C’est la plus importante opération du genre au Canada.

Des quartiers résidentiels ont été ravagés par les flammes et ne sont plus que des cendres, comme le montrent ces images postées sur YouTube. Des images qui montrent l’exode des habitants de Fort McMurray, à bord de leurs pick-up, roulant au pas à travers une ville ravagée par les flammes.

 

Au sud-ouest de la ville, les quartiers de Waterways et de Beacon Hill ont été détruits à respectivement 90% et 70%, selon la mairie de Fort McMurray. La moitié du quartier Abasand, plus au nord, n'est plus que cendres et carcasses noircies. Un analyste de la Banque de Montréal a estimé dans une note que la facture pourrait s'élever à 9 milliards de dollars canadiens, soit 6 milliards d'euros. Les gouvernements provincial et fédéral ont chacun décidé de mettre un dollar pour chaque dollar versé par les Canadiens à la Croix-Rouge. Celle-ci avait levé jeudi 11 millions de dollars canadiens.

Quel dispositif a été mis en place ?

Plus de 1.100 pompiers luttent contre les 49 incendies recensés, dont 7 sont totalement hors de contrôle. Le gouvernement de la province, qui n'attendait pas d'amélioration dans l'immédiat avec une météo toujours chaude et venteuse, parle "d’incendies extrêmes".

Le gouvernement a commencé jeudi un pont aérien pour sortir une bonne partie des 25.000 personnes coincées au nord de Fort McMurray où ils risquaient d'être pris en tenaille par les flammes. L'objectif d'en évacuer 8.000 par les airs, avec une noria d'hélicoptères et d'avions des compagnies pétrolières et des forces armées, est en passe d'être réalisé.

Pour les autres habitants, coincés sans essence pour remplir leur réservoir, un camion-citerne va être escorté et la route va être sécurisée par les pompiers et les avions bombardiers d'eau afin d'éviter une catastrophe. Pour accueillir les réfugiés, les compagnies pétrolières ont ouvert leurs bases de vie pour loger les populations évacuées où des milliers de places étaient disponibles après les licenciements massifs des deux dernières années, conséquence de la chute des cours du brut.

En plus, le gouvernement albertain a ouvert huit centres d'accueil avec des centaines de places chacun. Près de 2.000 habitations ont été brûlées à Fort McMurray. Un bilan qui va s'aggraver, selon les responsables qui préfèrent, pour le moment consacrer toutes leurs ressources à la lutte contre les feux. Le bilan lui, sera fait plus tard.