Le Bangladesh restreint les déplacements des Rohingyas réfugiés

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Le Bangladesh restreint les déplacements des Rohingyas réfugiés
Des postes de contrôle et de surveillance ont été mis en place dans des zones clés de transit.@ AFP
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Le Bangladesh a limité samedi les déplacements des Rohingyas sur son sol leur interdisant de quitter des zones délimitées, alors que plus de 400.000 réfugiés ont fui la Birmanie.

Le Bangladesh a limité samedi les déplacements des Rohingyas réfugiés sur son sol leur interdisant de quitter des zones délimitées près de la frontière avec la Birmanie que plus de 400.000 ont fui. Des dizaines de Rohingyas ont été retrouvés dans trois villes situées à des centaines de kilomètres de la frontière birmane, alimentant les craintes que des milliers de réfugiés migrent depuis la région frontalière, au sud, vers le nord.

La police a donné l'ordre aux Rohingyas de ne pas quitter les camps et les zones délimités près de la frontière par le gouvernement bangladais. "Ils doivent rester dans ces camps jusqu'à ce qu'ils retournent dans leur pays", a déclaré dans un communiqué Sahely Ferdous, porte-parole de la police. Les Rohingyas ne doivent également pas s'abriter chez des proches et il a été demandé aux habitants de ne pas louer leurs maisons aux réfugiés, a précisé la porte-parole.

Interdiction de se déplacer. "Ils ne peuvent pas se déplacer d'un point à un autre via les routes, les chemins de fer ou voies navigables", selon l'ordre de la police. Il a également été demandé aux chauffeurs de bus ou de poids-lourds tout comme aux travailleurs de ne pas transporter de Rohingyas. Des postes de contrôle et de surveillance ont enfin été mis en place dans des zones clés de transit, afin de veiller à ce que les réfugiés ne se rendent dans d'autres régions du pays, a ajouté la police bangladaise.

L'ONU dénonce une "épuration ethnique". Ces restrictions interviennent au moment où les autorités dénoncent une "crise sans précédent" en raison de l'arrivée de 409.000 Rohingyas, minorité musulmane persécutée en Birmanie, depuis le mois dernier, selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). L'ONU dénonce une "épuration ethnique" menée par la Birmanie dans l'État Rakhine (ouest), dont l'armée mène une vaste opération de représailles ayant fait fuir en masse ces civils, après des attaques de rebelles rohingyas le 25 août. En trois semaines, le sud du Bangladesh, frontalier de la Birmanie, s'est transformé en un des plus grands camps de réfugiés du monde à mesure que les réfugiés rohingyas fuient.