Le "baiser de Nador" enflamme le web marocain

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Le "baiser de Nador" enflamme le web marocain
@ CAPTURE D'ECRAN FACEBOOK
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L’arrestation de deux adolescents marocains pour une photo de baiser sur Facebook indigne les internautes.

L’INFO. Un baiser entre deux adolescent devant leur collège, quoi de plus banal ? Au Maroc, cette scène peut valoir un séjour en prison. Deux ados de 14 et 15 ans du pays ont été arrêtés la semaine dernière à Nador, dans le nord du pays, pour avoir posté une photo où ils s’embrassaient. Le jeune couple, ainsi que leur ami auteur du cliché, ont été libérés. Ce que la presse locale appelle "l’affaire du baiser de Nador" a suscité l’indignation des Marocains sur le web.

Arrêtés pour un baiser. Le jeune Marocain et sa petite amie ont été arrêtés, avec leur "photographe", après une plainte déposée fin septembre par une organisation locale de défense… des libertés, note le site le360. Cette ONG, "l’organisation unie pour les droits de l’Homme et les libertés individuelles", s’inquiétait en effet de cette "atteinte grave à l’éducation et à la culture marocaines" et aux "sentiments des citoyens".

Contestation sur le web et "kiss-in". Vendredi, la nouvelle de l’arrestation des trois ados, détenus dans un centre pour mineurs de Nador, a commencé à se propager sur Internet. En réaction, d’autres jeunes Marocains ont posté des photos de baiser, sous le hashtag #FreeBoussa (en arabe, "boussa"signifie "baiser")

Des pages ont en outre été créées sur Facebook pour appeler à des "kiss-in", devant l’ambassade du Maroc à Paris, peu suivi dimanche, mais aussi devant le Parlement à Rabat et dans la ville de Mohammedia, entre la capitale et Casablanca. Et une pétition a été mise en ligne, sous le titre "Un bisou n'est pas un crime", afin de demander au roi du Maroc "de mettre fin à ce semblant de justice qui consiste à poursuivre des adolescents pour un baiser".

Une libération provisoire acceptée. Les adolescents de Nador ont finalement retrouvé leurs parents, leur demande de remise en liberté provisoire ayant été approuvée lundi. L’association qui a porté plainte au départ a fini par rétropédaler, assurant les trois jeunes gens de son soutien. Son but n’était pas de les inquiéter, mais bien de s’assurer que le cliché ne provenait pas d’un réseau pédophile, a expliqué son président. Quant aux adolescents, s’ils ont été libérés, ils n’en ont pas pour autant fini avec la justice : d’après Jeune Afrique, leur procès doit se tenir le 11 octobre prochain.