Lafarge prêt à vendre son ciment pour la construction du mur de Trump

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Lafarge prêt à vendre son ciment pour la construction du mur de Trump
@ LOIC VENANCE / AFP
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N'étant pas "une organisation politique", le cimentier LafargeHolcim estime ne pas avoir à s'engager contre la construction du mur voulu par Donald Trump. Bien au contraire.

Le géant franco-suisse LafargeHolcim est prêt à vendre son ciment pour le mur anti-clandestins promis par le président Donald Trump et va annoncer d'"importantes" créations d'emplois aux Etats-Unis, assure son PDG dans un entretien à l'AFP.

"Répondre aux besoins" des Américains. "Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d'infrastructures aux Etats-Unis", déclare Eric Olsen, interrogé sur sa possible participation à ce chantier controversé à la frontière américano-mexicaine. "Nous sommes le premier cimentier aux Etats-Unis (…). Nous sommes ici pour soutenir la construction et le développement du pays", justifie, en anglais, le dirigeant, récusant tout positionnement partisan. Le groupe est aux Etats-Unis "pour servir (ses) clients et répondre à leurs besoins".

"Nous ne sommes pas une organisation politique", défend le grand patron, refusant par ailleurs de s'exprimer sur le financement "indirect" que Lafarge a reconnu avoir fourni à des groupes rebelles en Syrie en 2013 et 2014 pour maintenir en activité une de ses usines.

Pas aussi engagé que son concurrent. Le géant, né en 2015 de la fusion entre les cimentiers français Lafarge et suisse Holcim, se distingue ainsi de son rival irlandais CRH qui a fait savoir qu'il ne fournirait pas de matériaux pour la construction du mur du président Trump, au cœur d'une crise diplomatique avec le Mexique. L'entreprise, qui a renoué avec les bénéfices en 2016, admet vouloir être un des grands gagnants du programme d'investissements de 1.000 milliards de dollars promis par Donald Trump pour rénover les infrastructures américaines. "Nous sommes bien placés pour tirer profit de ces investissements", anticipe d'ores et déjà Eric Olsen. 

Le dirigeant promet d'ailleurs de futures créations d'emplois aux Etats-Unis, un geste susceptible d'attirer les faveurs de l'administration Trump. "Je ne peux pas donner de chiffre exact mais ce sera important", avance Eric Olsen.

Très implanté aux Etats-Unis. Autre élément qui pourrait séduire Donald Trump, élu sur la promesse de ramener emplois et usines aux Etats-Unis, LafargeHolcim dispose de sites de production au Texas et des opérations dans le Nouveau-Mexique et en Arizona, soit trois des quatre Etats américains frontaliers du Mexique. Le groupe vient par ailleurs de construire deux nouvelles usines dans le Maryland et l'Oklahoma et a ouvert de nouvelles capacités dans les Etats de New York et du Missouri, en prévision du redressement en cours du secteur de la construction.