La zone euro se dote d'un pacte de croissance

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La zone euro se dote d'un pacte de croissance
Les dirigeants de la zone euro ont conclu un accord surprise dans la nuit de jeudi à vendredi pour tenter d'aider l'Italie et l'Espagne à calmer les marchés, et injecter 120 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne.@ REUTERS
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Conclu dans la nuit de jeudi à vendredi, l'accord tentera d'aider l'Italie et l'Espagne à calmer les marchés. 

Les pays européens, qui ont multiplié les plans d'austérité face à la crise de la dette, ont mis au point jeudi lors du sommet de Bruxelles un "pacte de croissance". "Nous nous sommes mis d'accord pour améliorer le financement de l'économie à hauteur de 120 milliards d'euros pour des mesures immédiates de croissance", a annoncé le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy. Cela correspond peu ou prou à 1% du produit intérieur brut (PIB) de l'UE.

L'adoption formelle de ce pacte par les chefs d'Etat et de gouvernement était théoriquement acquise avant le début de la réunion. Mais elle s'est fait attendre. L'Italie et l'Espagne ont bloqué l'adoption jusqu'à l'obtention, intervenue vendredi aux aurores, de solutions d'urgence pour faire baisser les taux d'intérêt prohibitifs que leur imposent les marchés pour se financer.

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© Reuters

Recapitalisation de la BEI

Concrètement, le "pacte de croissance" reprend des propositions de la Commission européenne, qui peinait jusque-là à les imposer. Il repose en grande partie sur l'utilisation de fonds existants, afin de financer des investissements nouveaux.

Les Etats membres donnent ainsi leur feu vert à une recapitalisation de la Banque européenne d'investissement (BEI), bras financier de l'UE, à hauteur de 10 milliards. La BEI assure pouvoir ainsi lever des fonds sur les marchés pour financer des projets pour un montant de 60 milliards, dans l'innovation, les petites et moyennes entreprises, l'efficacité énergétique et les infrastructures stratégiques.

La BEI va aussi mettre en place des "project bonds", des émissions communes "lancés à l'été", selon Herman Van Rompuy, pour financer des infrastructures de transport et d'énergie, d'un montant de 5 milliards d'euros. Les Européens veulent enfin réallouer 60 milliards de fonds structurels inutilisés jusqu'ici.

L'Italie et l'Espagne bousculent l'ordre du jour 

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© Reuters

L'Italie et l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro, ont fait de la résistance lors de ce conseil européen, réclamant des solutions d'urgence face à la crise, avant d'apposer leur signature. Etranglés par des taux d'emprunt prohibitifs, Rome et Madrid sont favorables à des mesures de croissance sur le moyen terme mais veulent dans le même temps des réponses immédiates pour faire baisser leur taux sur les marchés. Les deux pays semblent avoir été entendus. La zone euro a décidé dans la nuit de jeudi de mesures urgentes pour venir en aide aux pays en difficulté, afin notamment d'endiguer la hausse de leurs taux d'emprunt.

Jugeant "impératif de briser le cercle vicieux entre les banques et les dettes souveraines", il a été décidé que "la Commission présenterait prochainement des propositions (...) pour un mécanisme unique de supervision". L'Italie et l'Espagne ont donc bousculé l'ordre du jour. "Puisque c'est un sujet important, on va aller plus vite sur l'ordre du jour, on va accélérer", avait expliqué auparavant François Hollande, rappelant que la question des mesures immédiates ne devait être abordée que vendredi lors d'un déjeuner entre les dirigeants des 17 pays de la zone euro.