La victime du cannibale de Miami raconte

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La victime du cannibale de Miami raconte
Rudy Eugene (à gauche), avait arraché la moitié du visage de Ronald Poppo en mai à Miami.@ REUTERS
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Une chaîne américaine a diffusé vendredi des extraits de l’interrogatoire de Ronald Poppo.

Ronald Poppo a perdu ses yeux et son nez, mais il peut encore raconter sa terrible agression. Le 26 mai dernier à Miami, ce SDF de 65 ans était sauvagement attaqué par Rudy Eugene, qui le défigurait à coups de dents. Le jeune homme, abattu par la police, y a gagné le surnom de "cannibale de Miami". Sa victime, très gravement touchée, a été interrogée par la police le 19 juillet dernier. La chaîne CBS s’est procuré l’enregistrement de l’interrogatoire, dans lequel Ronald Poppo semble étonnamment calme.

"Il m’arrachait les yeux"

D’une voix posée, le SDF raconte : "il est arrivé de la plage. Pendant un moment, il a semblé de bonne humeur, puis il est devenu fou après une minute ou deux. Il m’a attrapé et m’a écrasé le visage contre le trottoir", débute le vieil homme. "Il m’étranglait dans un prise de catch et, en même temps, il m’arrachait les yeux", poursuit la victime, qui résume : "il m’a déchiré le visage en lambeaux".

Quant à la cause de l’agression, Ronald Poppo est sans réponse. "Je n’ai rien fait ou dit qui aurait pu le mettre dans cet état", assure ainsi le SDF. "Il avait dû prendre quelque chose. Il parlait de manière étrange. Il a dit que j'allais mourir et qu'il allait mourir aussi. Il a dit qu'il était allé à la plage pour acheter de la drogue et qu'il n'avait pas pu le faire. Cela l'avait vraiment beaucoup énervé."

"Télépathie"

Si la victime du cannibale de Miami, qui n’avait de cannibale que le nom puisqu’aucune trace de chair humaine n’a été découverte dans son estomac lors de l’autopsie, semble lucide, quelques incohérences viennent attester de l’état de choc dans lequel il se trouve. Ainsi, alors qu’il a juré ne pas connaître Rudy Eugene, Ronald Poppo a dit sa certitude que le jeune homme dealait de la drogue. "J’ai entendu des choses. Vous pouvez appelez ça de la télépathie", répond-il ainsi aux policiers. L’homme affirme aussi avoir vu descendre son assaillant d’une voiture, habillé, ce que les caméras de surveillance démentent formellement.

Aujourd’hui tiré s’affaire, Ronald Poppo n’en est pas moins aveugle et défiguré, ayant eu la moitié du visage déchiqueté. Il doit encore subir plusieurs interventions chirurgicales. Cette histoire aura tout de même eu un mérite, puisque la sœur de Ronald Poppo a repris contact avec lui. Annette, comme toute sa famille, pensait que son frère était décédé depuis de longues années.