La Turquie appelle Trump à "réévaluer" sa politique à l'égard des réfugiés

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La Turquie appelle Trump à "réévaluer" sa politique à l'égard des réfugiés
Le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus a appelé mardi le président américain Donald Trump à réévaluer son décret controversé sur l'immigration. @ KAYHAN OZER / TURKEY'S PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
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Le décret de Donald Trump suspendant l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays à majorité musulmane n'en finit pas de faire réagir. Selon la Turquie, une telle décision est "blessante". 

Le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus a appelé mardi le président américain Donald Trump à réévaluer son décret controversé suspendant l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

"Réévaluer cette décision". "Il est impossible d'accepter" cette décision, motivée par "l'islamophobie, les sentiments anti-immigration et la xénophobie croissants en Occident", a déclaré Numan Kurtulmus, cité dans le quotidien Habertürk. "Les citoyens d'aucun pays ne peuvent être catégoriquement catalogués comme mauvais", a-t-il ajouté, appelant l'administration américaine à "réévaluer" cette décision. Le décret signé vendredi par Donald Trump interdit pendant 90 jours aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane considérés comme des viviers terroristes par Washington d'entrer sur le territoire américain: Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. L'exécutif déclare vouloir ainsi empêcher l'entrée aux Etats-Unis de "terroristes islamiques radicaux".

Une décision "blessante". "Il est extrêmement blessant qu'une telle décision ait été prise dans un pays comme les Etats-Unis, connu pour être un creuset de gens de toutes les religions et ethnies", a déploré Numan Kurtulmus. "Ce n'est pas correct. Cette décision crée de la discrimination entre les gens", a-t-il ajouté. La Turquie accueille quelque 2,7 millions de réfugiés syriens et environ 300.000 réfugiés irakiens. Ankara espère une amélioration de ses relations avec Washington avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche. Les relations turco-américaines se sont nettement dégradées ces derniers mois, notamment sur la question de l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen réclamée par Ankara qui lui impute le coup d'Etat manqué du 15 juillet, mais aussi le soutien américain aux milices kurdes en Syrie.