La Thaïlande attend jeudi la proclamation de son nouveau roi

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La Thaïlande attend jeudi la proclamation de son nouveau roi
Le prince, futur roi de Thaïlande, est réputé imprévisible.@ PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP
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Maha Vajiralongkorn ne sera officiellement couronné qu'une fois la crémation de son père faite, dans un an.

Un mois et demi après le décès de son père, le prince thaïlandais Maha Vajiralongkorn sera proclamé roi jeudi, ont indiqué ses services, ouvrant une nouvelle ère pour le pays où la royauté est omniprésente.

Un délai de réflexion. Mardi, le Parlement avait invité le prince à devenir le nouveau monarque, après des semaines de flottement ayant suscité toutes les inquiétudes. Ce dernier, âgé de 64 ans, avait en effet surpris en demandant quelques heures après le décès, un "délai" avant de monter sur le trône. En fin de journée jeudi, suivant le complexe protocole royal, il recevra le chef de la junte Prayut Chan-o-Cha, le président de la cour suprême et le président de l'Assemblée qui l'invitera officiellement à monter sur le trône. "Le prince fera un discours pour expliquer qu'il accepte avant d'aller s'incliner devant le portrait de son père", ont indiqué les services du prince dans un communiqué.

Un homme "imprévisible". Pour célébrer la montée sur le trône de Rama X, tous les temples du pays feront sonner leurs tambours et gongs après la proclamation. Le nouveau roi ne sera toutefois pas couronné tout de suite. La cérémonie ne peut se tenir qu'après la crémation de Bhumibol, qui ne devrait pas intervenir avant une année. Le prince passait jusqu'ici le plus clair de son temps en Allemagne. Et sa personnalité, réputée imprévisible, fait débat, même au sein des conseillers du palais et des généraux aux manettes du gouvernement, soulignent les analystes.

Le fils du "père de la nation". Son image contraste avec celle de son père. Le défunt roi, qui a régné 70 ans, était la figure tutélaire du royaume, rassurante pour de nombreux Thaïlandais, qui vivent dans l'idée qu'il était le "père de la nation", après des décennies de propagande, renforcée par une loi de lèse-majesté très stricte. Le dernier coup d'Etat, en mai 2014, avait été mené au nom de la sauvegarde de la monarchie, par une armée soucieuse de verrouiller la scène politique à l'approche de la succession dans un royaume très divisé sur le plan politique.