La tension monte en RDC

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La tension monte en RDC
Les rebelles du M23 se sont emparés mardi de la ville de Goma, à l'est de la RDC.@ REUTERS
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3’CHRONO - Les rebelles du M23 ont pris le contrôle de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo.

Le gouvernement de Kinshasa a perdu Goma. Les rebelles du M23 se sont emparés mardi de cette ville située à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans la riche région minière du Nord-Kivu, tout près de la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda. Cette avancée est un signe des progrès significatifs des rebelles, à tel point que le président congolais, Joseph Kabila a lancé un appel "au peuple ainsi qu’à toutes les institutions" à se mobiliser pour "défendre [la] souveraineté" de la RDC.

• Des mutins issus d’une précédente rébellion. Le mouvement du M23, en référence à un accord de paix signé le 23 mars 2009, a été créé début mai par d’anciens membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), à l’origine d’une précédente rébellion. Ses membres, pro-tutsis et pro-rwandais, ont intégré l’armée à la faveur de l’accord de paix de 2009, mais se sont mutinés en avril, estimant que Kinshasa n’avait pas respecté ses engagements. Les mutins réclament le maintien de tous les officiers dans leurs grades. Ses membres refusent le "brassage" voulu par Kinshasa, c’est-à-dire leur affectation dans d’autres unités et d’autres régions, qui les éloignerait de leur zone d’influence dans l’est. Dirigé par le colonel Sultani Makenga, le mouvement comprendrait "peut-être 2.000 personnes" selon le journaliste du Monde Jean-Philippe Rémy.

sultani makenga, M23, RDC

© REUTERS

Ce que veut le M23. Le mouvement réclame le retour des réfugiés en RDC et dit aussi lutter pour les conditions sociales des populations, selon Slate Afrique. D’après L’Express, la frange la plus radicale du mouvement veut la chute du président Joseph Kabila, réélu en 2011. Le M23 a d’ailleurs monté un cabinet politique pendant l’été et tenté d’instaurer une administration dans les zones qu’il contrôle.

Goma contrôlée par le M23. Les rebelles ont progressivement pris mardi le contrôle de Goma, encerclée depuis plusieurs jours et qui compte 300.000 habitants.  L’armée du régime se serait retirée sans combattre. Le M23 a aussi pris le contrôle de deux postes-frontières avec la ville rwandaise toute proche de Gisenyi. Le bilan des derniers combats n’a pas pu être établi. Les autorités de la région disent toutefois craindre des "massacres sélectifs", précise Jeune Afrique.

réfugiés à Goma, RDC

© REUTERS

Le rôle du Rwanda et de l’Ouganda. Les deux voisins de la RDC sont soupçonnés d’intervenir militairement dans la rébellion. Un rapport de l’ONU accuse même le ministre rwandais de la Défense, James Kabarebe, de commander "de facto" les rebelles du M23. Kigali, qui a déjà soutenu des mouvements rebelles en RDC, a fermement démenti ces accusations. L’Ouganda est de son côté accusé de soutenir "activement" le M23 et d’avoir déployé 600 hommes aux côtés des rebelles. Là encore, le pays dément catégoriquement et rappelle qu’il joue un rôle central dans la médiation régionale entre Kinshasa et le M23.

Et la communauté internationale ? Les États-Unis et l’ONU ont pris des sanctions contre le chef du M23, Sultani Makenga, à la mi-novembre. L’ONU a en outre demandé samedi l’arrêt de l’avance de la rébellion vers Goma, également condamnée par l’Union africaine. Les Nations Unies ont aussi réclamé que "tout soutien extérieur et toute fourniture d’équipement au M23 cessent". Et lundi, la France devait présenter une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour faire renforcer les sanctions de la communauté internationale contre le M23, souligne Radio Okapi.