La Syrie face à l'urgence humanitaire
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Un plan d'aide humanitaire international va être proposé vendredi à la conférence de Tunis.

Les chiffres des ONG sont sans appel. Depuis l'éclatement de la révolte en Syrie en mars 2011, plus de 6.700 personnes ont été tuées dans les violences. De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a estimé jeudi que les discussions sur l'acheminement de l'aide en Syrie devaient rapidement aboutir car la "situation humanitaire est urgente".

C'est dans ce contexte que la conférence internationale sur les amis de la Syrie - initiative mise en place pour contourner la paralysie du Conseil de sécurité des Nations unies, bloqué par la Russie et la Chine - se tient vendredi à Tunis. Le but initial de la conférence est d'adresser un "message clair" au régime de Damas pour qu'il cesse la répression. Mais rattrapés par la situation chaque jour plus catastrophique en Syrie, les pays hôtes vont tenter avant tout de répondre à l'urgence humanitaire.

Qui y participe ? Plus d'une soixantaine de pays se réunissent à Tunis. Organisée par la Ligue arabe, accueillie par la Tunisie, cette conférence internationale réunit tous les pays arabes et occidentaux impliqués dans le dossier, ainsi que les différentes composantes de l'opposition syrienne. Mais elle se tiendra sans la Russie et probablement sans la Chine, soutiens indéfectibles du régime de Bachar al-Assad et opposés à toute "ingérence extérieure" en Syrie.  La présence de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a été confirmée par l'ambassade américaine à Tunis.

 

Un plan sera proposé. Un plan d'aide humanitaire international va être proposé vendredi, a indiqué jeudi à Londres un haut responsable américain, en marge de la réunion sur la Somalie. "Le régime syrien sera mis au défi d'y répondre", a ajouté sous couvert de l'anonymat un responsable américain, précisant qu'Hillary Clinton avait parlé jeudi de ce plan avec plusieurs responsables étrangers.

Que prévoit ce plan ? D'après ce même responsable américain, "il y aura des propositions concrètes sur la manière dont la communauté internationale envisagera de soutenir des organisations humanitaires dans les prochains jours".

La communauté internationale divisée. Déjà partagée sur la question d'une intervention militaire en Syrie, la communauté internationale part également divisée sur le plan humanitaire. Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a maintenu jeudi son idée de corridors humanitaires. De son côté, la Russie a indiqué, mercredi, soutenir l'appel du CICR à une trêve quotidienne en Syriepour acheminer de l'aide humanitaire, mais s'oppose à l'idée française de créer des couloirs humanitaires. L'idée de mettre en place des "corridors humanitaires" ne recueille pas non plus les faveurs des partenaires européens de la France. "Il sera difficile de le faire sans recours à la force militaire, à moins d'avoir une véritable coopération du régime", a estimé un diplomate européen.

Mais si le contenu de ce plan d'aide humanitaire reste encore incertain, la communauté internationale est toutefois unanime sur un point : "le régime syrien sera mis au défi d'y répondre", a prévenu un responsable américain.