La Syrie contestataire enterre ses morts

  • A
  • A
La Syrie contestataire enterre ses morts
@ REUTERS
Partagez sur :

Une foule immense s’est réunie à Hama pour les funérailles de 53 manifestants tués vendredi

Comme tous les vendredis depuis la mi-mars, les Syriens ont manifesté à la sortie des mosquées, et comme tous les vendredis, le régime a violemment réprimé les contestataires. Samedi était donc une journée de funérailles, auxquelles une immense foule a assisté.

Plus de 100.000 personnes se sont rassemblées samedi à Hama, à 210 km au nord de Damas, pour les obsèques des 53 victimes tombées sous les balles des forces de sécurité, dont 48 à Hama. Deux habitants ont évoqué de leur côté une affluence de 150.000 personnes aux obsèques dans cette ville frappée en 1982 par une répression terrible qui avait fait 20.000 morts.

Un vendredi de forte mobilisation

Vendredi, des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans plusieurs villes de Syrie pour réclamer la chute du régime, à l'appel de militants pro-démocratie qui avaient décidé de dédier la journée aux "enfants de la liberté". En effet, au moins 30 enfants ont été tués par balle dans la répression, selon l'Unicef.

La mobilisation de vendredi était donc la "plus importante" depuis le début de la contestation, "et ce en dépit de l'amnistie" générale pour les prisonniers politiques proclamée mardi par Bachar Al-Assad, a estimé Rami Abdel-Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une répression qualifiée d'"impitoyable"

La répression a été à la hauteur de la mobilisation et qualifiée d'"impitoyable" par Londres, qui a condamné "l'odieux mépris" de Damas pour la vie humaine, alors que le patron de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit "alarmé" par l'escalade de la violence exercée par le pouvoir, qui reste sourd aux pressions et sanctions internationales.

Les journaux officiels syriens ont pour leur part fait état de "20 personnes tuées vendredi, des policiers, des agents de sécurité et des civils, par des tirs de groupes armés", les autorités accusant depuis le début de la contestation des "gangs criminels" d'être à l'origine des troubles.